Ambiance brûlante et finale historique

Au terme d’un troisième match encore une fois à suspense face à des Nantais combatifs (85-75), le Poitiers Basket 86 accède à la finale des play-offs d'Elite 2. Les Poitevins retrouveront sur leur route l’Elan Béarnais dès vendredi, dans les Pyrénées-Atlantiques.

Pierre Bujeau

Le7.info

C’est historique ! Poitiers l’a fait ! Douze ans après une finale de Pro B perdue face à Bourg, le PB86 retrouve les sommets. Après deux premiers actes remportés à l'extérieur par chacune des équipes, et deux prolongations, le troisième et dernier rendez-vous entre Poitiers et Nantes ne pouvait offrir qu'un dénouement à la hauteur de la série. Pendant quarante minutes, les deux formations ont encore donné l'impression d'être les reflets l'une de l'autre. Même si l’absence de Van Eyck, auteur du tir victorieux lors du premier match a pesé, rien ne laissait présager que cette rencontre serait moins folle que les deux premières. Elle ne l'a pas été.

Un premier acte au coude à coude  

C'est lui qui a donné le ton dès les premières minutes. Mathys Kangudia, ailier nantais aux jambes de feu, a pris d'assaut la défense poitevine avec une facilité déconcertante : deux tirs primés, des rebonds arrachés, des espaces créés pour ses partenaires. Il terminera le premier quart avec 10 points au compteur, véritable patron d'une Hermine décidée à ne pas laisser Andy Thorthon-Jones et ses protégés accéder à la finale (26-28). Le deuxième quart a offert ce que les amateurs de basket attendent dans ce genre d'échéance : de l'intensité, des renversements et des envolées spectaculaires. Peu avant le coup de sifflet de la pause, impossible de distinguer un favori. Les vingt-et-un changements de leader recensés durant les vingt premières minutes résumaient à eux seuls l'équilibre des débats. Côté nantais, deux joueurs émargeaient à plus de 10 points à la pause, Kangudia (12, 17 au final) et Lucas Bourhis (11, 14 au final), les Poitevins se partageaient la marque, emmenés par leur capitaine Kevin Harley, une nouvelle fois brillant (15 pts). Un tir au buzzer d'Aurèle Brena-Chemille a même permis à son équipe de rejoindre les vestiaires à égalité (47-47), histoire de chauffer un peu plus une salle Jean-Pierre-Garnier incandescente pendant quarante minutes.

La maîrise puis la délivrance

C'est finalement au retour des vestiaires que le match a basculé. Le troisième quart a été celui de la domination poitevine, franche et méritée. Imanol Prot, jusqu'ici discret, s'est réveillé de la plus belle des façons : deux tirs primés consécutifs en début de reprise pour lancer une série qui allait faire très mal aux Nantais. Hammond a suivi, encore et toujours à trois points. En quelques minutes, le PB86 a pris l'ascendant et fait chavirer Saint-Eloi dans une douce allégresse. L'écart a grimpé jusqu'à douze unités (67-55, 28e). Pour la première fois de la soirée, Nantes semblait vaciller, sans jamais rompre définitivement. A l'image de toute sa saison, l'Hermine s'accrochait. Kangudia continuait à provoquer des fautes, Bubu Palo trouvait des solutions et l'écart fondait progressivement. A cinq minutes du terme, les visiteurs n'étaient plus qu'à une possession de revenir (78-75). Le souvenir du premier match perdu à domicile, après prolongation, traversait alors forcément les esprits poitevins. 

Mais Poitiers a tenu. Kevin Harley, intraitable, a pris ses coéquipiers un à un pour les remobiliser dans les moments de doute, à l’image de Jordan Ratton auteur d’une faute évitable dans le money-time. Et lorsque Nantes s'est rapproché à trois points dans la dernière minute, Aurèle Brena-Chemille (14pts, dont 8 dans le quatrième quart-temps) s'est levé. Son tir à trois points, inscrit avec un sang-froid confondant, a sonné le glas des espoirs nantais et libéré Saint-Eloi dans une explosion de joie. Son dunk après un contre sur Palo a carrément enflammé les 2 400 supporters poitevins. Au point de susciter l'admiration d'Andy Thornton-Jones, bluffé par l'ambiance et le soutien à ses joueurs. Poitiers accède ainsi à la finale des play-offs d'Elite 2 pour la première fois depuis 2014. Les Béarnais recevront leurs homologues poitevins dès vendredi. Le match retour aura lieu lundi à l'Arena Futuroscope. Le vainqueur rejoindra la Chorale de Roanne en Betclic la saison prochaine. On se pince pour y croire. 



 

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