Ludovic Gicquel : « Il vaut mieux bien connaître le trouble borderline »

Chef du service de 
psychiatrie de l’enfant 
et de l’adolescent 
au CH Laborit, Ludovic Gicquel publie Adolescent borderline, un manuel destiné aux parents démunis face à leurs ados en pleine tempête.

Arnault Varanne

Le7.info

Pour quelles raisons 
avez-vous écrit ce livre, 
et pourquoi maintenant ?
« Je voulais répondre à un besoin, tant du côté des soignants que des patients et des parents. Ils sont souvent démunis face au trouble borderline qui avance sous une fausse bannière. C'est la maladie caméléon par excellence avec une diversité de symptômes brouillant les pistes. »

Quels sont les symptômes 
qui doivent conduire les parents à s’interroger sur la santé mentale de leurs ados ?
« Je consacre justement l’un des chapitres à la différence entre crise d’ado, qui apparaît autour de 12-13 ans, et trouble borderline. Tout est affaire d’intensité, d’exacerbation, de fréquence, de durée et de lieu. Qu’un ado fasse une colère, rien d’exceptionnel. Mais qu’il en fasse tous les jours, dans des endroits différents et à la moindre occasion, cela devient problématique et doit alerter. »

On parle beaucoup de schizophrénie et de troubles bipolaires, alors que le trouble borderline touche beaucoup plus de jeunes…
« Effectivement, on estime que ce trouble concerne 1 à 3% de la population générale, tous âges confondus. Pourtant, l’attention, la prévention et les moyens consacrés au trouble borderline ne sont, à ce jour, pas à la hauteur de la réalité. Cela s’explique par une forme de morcellement du trouble associé à d’autres symptômes et diagnostics par défaut. »

« L’alarme 
émotionnelle 
de leur enfant 
est déréglée. »

Quel message essentiel 
souhaitez-vous que les parents retiennent ?

« Ce livre, j’ai souhaité l’écrire sous un angle illustré et didactique. C'est bien pour équiper les parents, qu’ils puissent mettre en œuvre un certain nombre de conseils, dont certains visent avant tout à ne pas aggraver la situation. Plus on la comprend, plus on peut s’adapter et réagir. Ce sont quand même eux qui vivent au quotidien avec leurs enfants. Et compte tenu de la diversité de l’accès aux soins en France, il vaut mieux bien connaître le trouble borderline. La posture parentale, le positionnement éducatif jouent un rôle essentiel. Les ajustements sont donc nécessaires. »

Comment s’apaise ce trouble borderline ?

« Il faut déjà mettre un nom sur cette souffrance. Dans mon cabinet, les parents ont souvent tendance à s’accabler, ils se rendent responsables de la situation. Mais ce n’est pas une question de caractère ou de volonté, c’est juste l’alarme émotionnelle de leur enfant qui est déréglée. L’idée est de faire en sorte que les symptômes, au fil du temps, s’apaisent, passent sous le seuil du diagnostic. »

Adolescent borderline - Ludovic Gicquel - Solar éditions
 - 256 pages - 19,90€.

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