La mobilisation sociale bat son plein à Poitiers
Matthis Ferrant

Le7.info

Ce jeudi 5 novembre, l'appel à la grève générale lancé par l'intersyndicale (CGT, CFDT, FO, Sud, FSU, CFTC, Solidaires...) a été largement suivi à Poitiers. Une véritable marée humaine a déferlé à partir de 14h, au départ de la Porte de Paris, avant de remonter les boulevards du Grand-Cerf et de Pont-Achard. Après un comptage effectué au niveau du viaduc Léon-Blum, les syndicats ont annoncé 12 000 manifestants (4 600 selon la préfecture). Une mobilisation d'ampleur, la plus importante depuis celle contre la réforme des retraites, qui avait rassemblé jusqu'à 20 000 personnes, toujours selon les syndicats.  

Dans le cortège, tous les corps de métier étaient représentés, du secteur hospitalier à la fonction publique territoriale, mais aussi de nombreux jeunes, lycéens et étudiants. Les manifestants ont notamment défendu le pouvoir d'achat, la hausse des salaires, du Smic et du point d'indice, ainsi que l'égalité femmes-hommes et le blocage des prix. 

« On en a vraiment ras-le-bol » 

Parmi les manifestants, Vincent Bohan, secrétaire général de la CGT-Territoriaux de Poitiers, du CCAS et de Grand Poitiers, dénonce la situation salariale des agents de la fonction publique. « Dans ma collectivité, 1 600 agents sont payés en dessous du Smic. On doit leur verser une indemnité différentielle pour ne pas être hors-la-loi, c'est purement scandaleux », déplore-t-il. Il évoque également des fins de mois de plus en plus difficiles : « Aujourd'hui, pour certains, dès que la paie tombe, ils sont déjà à zéro. On en a vraiment ras-le-bol. » 

Dans le secteur hospitalier, Sandrine Bouichou, membre de l'intersyndicale du CHU de Poitiers et présidente de la CNI 86, revient sur les difficultés du personnel soignant. « Les points d'indice sont gelés, les conditions de travail se détériorent, c'est le plus gros de nos revendications », explique-t-elle. Elle souligne également les difficultés à trouver des remplaçants en cas d'absence ou d'arrêt maladie, qui alourdissent la charge des équipes. 

La jeunesse était elle aussi au rendez-vous. « C'était important pour nous de répondre à cet appel à la grève pour montrer que la mobilisation n'est pas terminée. On ne lâchera pas tant qu'on n'aura pas obtenu toutes nos revendications », confie Chloé, lycéenne à Victor-Hugo. 

Une fin de manifestation tendue 

Après avoir emprunté les boulevards du Grand-Cerf et de Pont-Achard, le cortège a poursuivi sa route par la rue de la Tranchée, en direction de la préfecture. Devant la préfecture, quelques tensions se sont fait sentir. Quelques jeunes sont venus défier les forces de l'ordre. Les représentants syndicaux se sont interposés afin d'éviter que la situation ne s'envenime et de prévenir tout débordement. « Entre 150 et 200 personnes, encadrées par une dizaine de leaders, sont restées sur place. Après réalisation des sommations, les forces de l’ordre ont fait usage de grenades lacrymogènes pour disperser le groupe, explique la préfecture. Malgré l'emploi des grenades lacrymogène, le groupe ne s'est pas dispersé. Par la suite, emploi de grenades assourdissantes Condor pour poursuivre la dispersion de l'attroupement à proximité de la préfecture. Le groupe de 150 à 200 personnes est remonté vers la place Leclerc.» 

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