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Romain Besseron : Matignon côté cuisine
Romain Besseron. 49 ans. Châtelleraudais. Chef des cuisines du Premier ministre et de l’Hôtel de Matignon. A travaillé dans les plus grands palaces de la Capitale. Signe particulier : aime transmettre.
Depuis le 1er juin, les élèves peuvent compter sur un partenaire de choc en vue des prochaines échéances, ô combien déterminantes pour leur avenir. Une IA dernière génération ? Une chaîne de tutoriels YouTube révolutionnaire ? Vadrouille, ce n'est rien de tout cela, c'est bien plus encore. « J'étais stressée, je ne savais pas comment gérer mon anxiété avant mon passage d'une épreuve du bac, confie une élève. Il est venu près de moi et a posé sa tête sur mes jambes. Ça m'a calmée, j'ai relativisé la situation. » Véritable éponge à émotions, le golden retriever est doté d'un grand pouvoir de sociabilité, capable de détecter les variations hormonales liées au cortisol. Une présence bienvenue en ce début de période d'examens au lycée Aliénor-d'Aquitaine, et même au-delà. L'association Handi'Chien, qui éduque et remet des chiens d'assistance à différents publics, a formé deux référents pour accompagner le chien tout au long de l'année scolaire. Ces deux-là sont les maîtres de Vadrouille, en garde alternée : Philippe Chauvin, professeur de mathématiques, et Marie Brunet, adjointe technique de recherche et de formation, ont dû réintégrer les bancs de l'école. « Nous avons appris à commander un chien d'assistance ; il y a un peu moins de 52 commandes et gestes », insiste Marie. « Up » pour monter les deux pattes sur la table, « Tug » pour ouvrir un placard, « Slow » pour se blottir contre l'élève dans un lit à l'infirmerie… ou encore monter dans un vélo cargo. « Je l'emmène chaque matin, il n'a plus peur », souffle le professeur.
S’attacher les services de Vadrouille a nécessité du temps, beaucoup de temps. « Pas moins de trois ans, souligne Frédéric Amauger, professeur de physique-chimie à l'origine du projet. Je venais auparavant avec mon propre chien d'assistance pour des séances individualisées. » L'arrivée du proviseur, M. Veniant, a permis de donner une nouvelle impulsion à cette initiative. Restait alors à réunir les financements nécessaires. « Sur toute la vie du chien, il faut compter environ 35 000€. Son éducation représente à elle seule 17 000€ sur deux ans, auxquels s'ajoutent les soins vétérinaires et l'alimentation », précise l'enseignant. La Région et Grand Poitiers ont contribué à la cagnotte. Élève particulièrement appliqué, Vadrouille a terminé sa formation en seulement un an et demi. « On peut dire qu'il a sauté une classe », plaisante Marie Brunet. Le jeune golden retriever accompagnera désormais les lycéens pendant six à huit ans avant une retraite bien méritée. D’ici là, Vadrouille est appelé à jouer un rôle dans la médiation entre élèves et équipes éducatives. Un chien réussira peut-être là où bien des discours ont échoué. Qui sait ?
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