A Marigny-Brizay, dès la maternelle, les écoliers apprennent à récolter, toucher et déguster le raisin. Un projet éducatif rendu possible par le savoir-faire de la confrérie des Tire-Douzils du Haut-Poitou et les parcelles du domaine de la Rôtisserie.

Pierre Bujeau

Le7.info

Le soleil de septembre éclaire encore généreusement les feuilles de vigne. Balayées par le vent, elles laissent apparaître quelques grappes oubliées. Une scène d’une rare quiétude, comme seule la campagne peut en offrir. Une quiétude rapidement balayée par les 
« Maîtresses ! », les « J’adore le vin ! » ou encore les « Aaah, je me suis coupé le bras ! ». C’est ici que l’école René-Bureau de Marigny-Brizay a installé sa « vigne-école », pour la cinquième année consécutive. 
« On souhaite leur apprendre la culture de la vigne, l’art de la table et ce qu’est la biodiversité. L’objectif n’est pas d’initier nos petits à l’alcool puisque l’on a un volet prévention des addictions ! », rassure Geneviève Charlot, grand-maître de la confrérie des Tire-Douzils du Haut-Poitou. Et pourquoi pas, au passage, susciter quelques vocations ? 


Trois écoliers ont déjà confié à Jacques Baudon, l’exploitant qui prête ses parcelles de Floréal -un cépage de blanc non traité-, leur envie de poursuivre cet apprentissage. « Mais avant d’en faire un métier, il faut travailler à l’école, sourit l’ancien gérant du domaine de la Rôtisserie. Il y a la fougue de la jeunesse et leur enthousiasme est le bienvenu, mais il faut aussi comprendre que ce n’est pas un métier facile. » En attendant, les écoliers peuvent approfondir leurs connaissances au fil des sept séances dispensées par les membres de la confrérie. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les leçons des années précédentes ont été assimilées. « Il y a eu trop de soleil. Les feuilles n’ont pas fait assez d’ombre pour que tous les raisins gardent leur jus », explique Lilou, en CE2, un petit sécateur à la main. Son camarade de rang acquiesce. 
« C’est l’aboutissement d’une carrière de transmettre son savoir. On voit que cela attire l’attention des jeunes », glisse Jacques.


Génération vigne-écol

A l’origine, le projet était réservé aux classes de CM1 et CM2. Mais les enseignantes des niveaux inférieurs ont rapidement fait entendre leur voix. « Elles aussi voulaient faire participer leurs élèves. Alors on a élargi le cercle. Désormais, les maternelles nous suivent dans les rangs ! », raconte Geneviève. Au fil des années, la grand-maître a vu la première génération d’écoliers grandir et entrer au collège. Il fallait donc marquer le passage. « On les a intronisés écuyers et écuyères de la confrérie, avec un petit diplôme pour marquer le coup. » 
Et parce que la transmission ne s’arrête pas au dernier coup de sécateur, une bouteille de vin leur sera remise le jour de leurs 18 ans. Une perspective qui ne semble pas forcément réjouir Lorenzo, qui aurait peut-être préféré en profiter un peu plus tôt.

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