De jeudi à samedi, Les Expressifs s’apprêtent à investir les rues de Poitiers. Malgré un budget resserré, Poitiers Jeunes mise sur l’inventivité avec plusieurs nouveautés et un thème central : 
la place des femmes dans l’espace public.

Matthis Ferrant

Le7.info

Pour leur 31e édition, Les Expressifs entendent bien se mettre sur leur 31. Le festival poitevin débutera en fanfare jeudi soir (19h15), avec le bal Fescht Met de la compagnie Ussé Inné, place du Maréchal-Leclerc. « On a envie de démarrer par un lâcher-prise, avec l’idée de faire la fête ensemble », 
promet Karine Abel, programmatrice de l’événement. L’ouverture se prolongera rue Paul-Guillon avec une fresque en pixel art sous les arches. Réalisée par huit jeunes Poitevines, elle clôturera un projet mené toute l’année, chacune ayant réalisé une mosaïque dans différents quartiers. En clin d’œil à leur histoire, Les Expressifs relancent d’ailleurs une initiative lancée en 2016. Certaines rues du centre-ville seront à nouveau rebaptisées temporairement du nom de personnalités féminines. Une mise en lumière qui se poursuivra samedi avec une table ronde et un rendez-vous autour du matrimoine musical, porté par DJ Marvina. 


Les nouveautés

Cette année, le village prend de l’ampleur place du Maréchal-Leclerc pour devenir le cœur battant de ce rendez-vous culturel à ciel ouvert. L’espace sera animé en continu, notamment autour de deux scènes ouvertes. « L’idée est d’offrir à des jeunes talents la possibilité de faire découvrir leur art à travers des formats courts de cinq à dix minutes », détaille Mickaël Buno, chargé de communication de Poitiers Jeunes.


Le vendredi, la programmation sera confiée à L’Envers du Bocal, qui réunira plusieurs artistes. Le samedi, la scène Big Boss Lady donnera la parole aux femmes et aux minorités de genre. 
« L’enjeu, c’est de leur faciliter l’accès à la scène, de les aider à s’exprimer », pointe Karine Abel. 


Une situation financière préoccupante

Avec une enveloppe de 
310 000€ cette année contre 330 000€ l’an passé, le festival doit composer avec des moyens resserrés. Cette baisse entraîne une répercussion dans la programmation avec 18 artistes et compagnies professionnels à l'affiche pour 30 amateurs. « Habituellement, on est plutôt sur un équilibre entre professionnels et amateurs », reconnaît la co-présidente. Au total, 170 artistes participeront à quelque 70 animations.


Si l’événement a pu être maintenu, Poitiers Jeunes pourrait néanmoins terminer l’année en déficit. En cause, la baisse de certaines subventions ces dernières années, alors que le soutien de la Ville de Poitiers a été maintenu au même niveau que la saison précédente. Mais c’est surtout l’avenir de la manifestation culturelle qui inquiète l’association. « Le grand danger, c’est 2027 ! » Pour cause, le contrat avec la Drac(*) Nouvelle-Aquitaine arrivera à son terme. 


En attendant, Les Expressifs comptent aussi sur la mobilisation du public pour renflouer leurs caisses. « Si chacun apporte 1€, cela peut déjà faire beaucoup », rappelle Karine Abel. Cette mobilisation est aussi humaine : 130 bénévoles seront engagés cette année, davantage que les années précédentes.


(*)Direction régionale 
des affaires culturelles.

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