La maison passive 
active contre la chaleur

Cette saison, la rédaction vous propose une nouvelle série autour de la préservation de l’environnement et des bonnes pratiques. A l’été 2014, Benoit Théau, Geneviève et Gérard Brochoire, Michel et Danielle Massy ont emménagé dans une maison passive très avant-gardiste pour l’époque. Qu’un été caniculaire n’a pas ébranlée, au contraire. L’exemple à suivre ?

Arnault Varanne

Le7.info

Au plus fort de la canicule, cet été, Gérard et Geneviève Brochoire ont relevé 27,9°C au 1er étage de leur appartement de la rue Diego-Rivera, à La Mérigotte, à Poitiers. « C’était le 29 juillet où il a fait plus de 41°C à l’extérieur », se souvient Gérard, courbe de températures à l’appui. Douze ans après leur installation dans cette maison partagée -480m2 sans les espaces communs- et passive, le couple ne regrette pas son choix initial. La résidence Héliophane (lever du soleil) tient toutes ses promesses, et même au-delà des espérances. Autour de la table, Benoit Théau et Michel Massy ont « mis à jour » les compteurs d’eau et d’électricité de la copropriété.

Produire plus pour consommer moins

La bâtisse, bardée de 200m2 de panneaux solaires et de récupérateurs d’eau de pluie, produit davantage d’énergie qu’elle n’en consomme. L’installation photovoltaïque a généré, en 2025, l’équivalent de 35 000kWh entièrement revendus à EDF. Dans le même temps, les trois propriétaires ont consommé 8 110kWh en électricité et 3,57 tonnes de granulés pour se chauffer, soit l’équivalent de 16 065kWh. 
« Au total, notre consommation d’énergie représente 69% de la production », résume Benoit Théau. Concernant l’eau, 
50% du total est fourni par le ciel, pour les lave-linge, toilettes et l’arrosage des jardins. « Notre consommation d’eau moyenne, entre octobre 2019 et octobre 2025, a représenté 132m3 par an, soit 527€ », insiste le journaliste et réalisateur.

Des maximales 
anticipées à 34°C

En résumé, la résidence Héliophane se révèle très économe et, surtout, a tenu le choc face aux canicules à répétition. Ce qui s’explique par le choix des matériaux. La maison à ossature bois, dont les parties communes (garages, ateliers, buanderie/cuisine) donnent au Nord, est isolée grâce à de la laine de bois et du Métisse, un produit issu du recyclage de vêtements en coton, qui constitue une couche de 
« 37 à 38cm ». « On a une VMC double flux très performante, avec un renouvellement de l’air intérieur toutes les deux heures sans ouvrir les fenêtres », détaille Benoit Théau. « Cela joue sur le ressenti de la chaleur », embraye Michel Massy. Autre élément clé : les façades sont toutes équipées de casquettes et de stores, qui atténuent les effets du rayonnement solaire à son pic. Seule réserve : lors des vagues de chaleur, la ventilation nocturne a produit un effet limité.

Au moment de la conception d’Héliophane, les habitants de la Mérigotte avaient tablé sur des températures minimales de -8,6°c et maximales de 34°C. On est loin du compte, et pourtant la demeure permet de « bien vivre l’été », insiste Michel Massy. 
« On subit aussi l’augmentation de la chaleur, mais moins qu’ailleurs à condition de bien gérer les ouvertures », reprend Gérard Brochoire. L’hiver, le scénario est encore plus en phase avec les prévisions. « A -2 voire -3C°, avec du soleil, le chauffage ne se déclenche pas. » Rappelons que la maison passive avait coûté 1,5M€ à ses résidents.

À lire aussi ...