Depuis le printemps, de jeunes Poitevines ont investi l’espace public pour véhiculer des messages à travers le pixel art. Porté par Poitiers Jeunes et encadré par l’artiste Eva Parci Parla, le projet a été clôturé par une œuvre collective à l'occasion des Expressifs.
Des carreaux colorés, des lettres qui s’assemblent, et un jeu de mots qui interpelle. Sous les arches, à proximité des Cordeliers, un collage de trois mètres sur trois attire les regards à l’ouverture des Expressifs. Cette fresque collective géante, réalisée en pixel art, laisse apparaître un slogan engagé : « Les murs ont des i.elles ». « On a souhaité ajouter un « i » en violet pour que le message soit inclusif et qu’il puisse représenter toutes les minorités de genre », confie la street artiste poitevine, Eva Parci Parla. Cette mosaïque qui habille désormais la rue Paul-Guillon marque l’aboutissement du projet « La place des jeunes femmes dans l’espace public ». Elle vient compléter les huit fresques individuelles déjà réalisées dans trois quartiers de Poitiers.
Lancée au printemps par Poitiers Jeunes, cette initiative a rassemblé huit jeunes femmes de 16 à 25 ans, habitantes de Beaulieu, de la Gibauderie et des Trois-Cités. Encadrées par Eva Parci Parla, les participantes ont pris part à des ateliers d’expression afin d’évoquer leur quotidien. « On a parlé de la place des femmes au travail, des différences d’éducation entre filles et garçons », relate l’artiste, également éducatrice spécialisée. Ne restait plus qu’à transposer ces revendications au cours du processus de création. Carreau après carreau, les participantes ont composé leurs œuvres, au fil d’un travail minutieux rythmé par l’assemblage, le séchage, le découpage, sans oublier le vernissage.
La création pour sortir de l’hyperconnexion
Pour Armelle, 21 ans, qui a rejoint le projet de la mosaïque collective, le pixel art était une découverte : « J’ai eu envie d’y participer pour le côté créatif. J’avais aussi cette envie de sortir de l’hyperconnexion, des écrans, et de m’engager pour la cause féministe à travers le street art. » Une fois sur les murs, ces réalisations prennent une autre dimension. Le moment du collage devient alors celui de la rencontre et de la confrontation avec le public. « Cela crée une rencontre, parfois un conflit entre les générations et les milieux sociaux. En tant qu’artiste, je pense que c’est fondamental de sensibiliser les publics à des réalités auxquelles ils ne sont pas forcément confrontés », conclut Eva Parci Parla.