L’Orchestre de chambre Nouvelle-Aquitaine (OCNA) ouvre sa saison ce mardi soir avec la
5e Symphonie de Gustav Mahler, un monument de la musique classique choisi par le nouveau directeur musical et artistique, Raphaël Merlin. Pour relever ce défi, les 43 musiciens permanents seront accompagnés de jeunes étudiants.
Souvent entendu au cinéma, l’Adagietto de Gustav Mahler résonnera ce mardi soir, à 20h, sur la scène du Théâtre-auditorium de Poitiers. Ce quatrième mouvement de la 5e Symphonie accompagne le dénouement de Mort à Venise (1971), film cultissime de Luchino Visconti. « C’est probablement le réalisateur italien qui a contribué à rendre cette symphonie aussi célèbre », observe Raphaël Merlin, directeur musical et artistique de l’Orchestre de chambre Nouvelle-Aquitaine.
Dans l’œuvre, l’Adagietto occupe une place tout à fait singulière. Seul mouvement joué par les cordes et la harpe, il tranche avec les cuivres, les bois et les percussions qui composent le restant de la symphonie. « C’est dans ce passage que l’orchestre se met à rêver »,
pointe le chef d’orchestre de
44 ans. Une parenthèse à la couleur si particulière, qui surgit au bout de quarante minutes de musique. « C’est comme une petite Joconde qui serait placée au milieu d’une gigantesque fresque de peinture », poursuit le violoncelliste et compositeur de formation. Cette parenthèse rêveuse n’est pourtant qu’un fragment d’une œuvre monumentale.
La jeunesse au cœur
de l’orchestre
Pour sa première saison à la tête de l’OCNA, Raphaël Merlin a voulu placer la barre haut en s’attaquant à la 5e Symphonie de Mahler. Une entrée en matière qu’il entame avec « beaucoup de joie et de gourmandise ».
Elle sera interprétée par les 43 musiciens permanents de l’orchestre, rejoints par des étudiants des conservatoires de Bordeaux et de Poitiers.
« C’est un projet exceptionnel. L’idée, c’est que l’expérience accumulée par l’orchestre puisse bénéficier aux jeunes et qu’à l’inverse, les jeunes puissent revitaliser l’orchestre. »
Avec près de 70 minutes, la
5e Symphonie dépasse largement la durée habituelle des œuvres du répertoire symphonique. « C’est l’apogée de l’art de l’orchestre romantique. Il y a une densité énorme, des exigences très élevées, une variété de climats, de psychologies, décrit celui qui a passé vingt et un ans au sein du Quatuor Ébène, avant de créer Les Forces Majeures et de diriger l’Orchestre de chambre de Genève. C’est virtuose, intense, émotionnel, mais aussi extrêmement bien construit. C’est un peu Jupiter. »
Cette prouesse musicale n’a de sens que si elle parvient à toucher ceux qui l’écoutent. « Notre métier, c’est faire voyager le sublime. On essaye de convaincre et d’emmener avec nous les auditeurs pour que la vie soit plus belle. » Le public pourra en faire l’expérience ce soir sur la scène du Tap. L’OCNA retrouvera ensuite le public poitevin le
18 octobre, à Saint-Benoît, pour un concert organisé dans le cadre d’Octobre Rose, avec les 43 musiciens permanents de l’orchestre, autour du Concerto pour violon de Beethoven et d’une œuvre de jeunesse de Bizet.