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Convergence ?
L'édito de la semaine est signé Arnault Varanne.
« Dimanche soir, on a eu droit à un concert karaoké qui a commencé à 20h et s’est terminé vers minuit. » Maman de trois enfants scolarisés de la maternelle au collège, Céline vit à quelques pas de la plaine de jeux de Touffenet, à Poitiers, occupée par un campement de gens du voyage. « Avoir de la musique à fond jusqu’à pas d’heure, ce n’est pas tenable », s’exaspère la résidente de la rue des Châlons. Au printemps, les premières caravanes ont investi le terrain de foot. Depuis, les occupations se succèdent, entre départs et nouvelles arrivées. Après plusieurs signalements de riverains, des blocs de pierre ont été installés par Grand Poitiers pour limiter l’accès au terrain. Pourtant, dès septembre les caravanes ont de nouveau investi les lieux. Et les nuisances ne se limitent pas à la musique. « Il y a aussi les enfants qui montent dans les voitures et klaxonnent », raconte Céline. Son voisin Paul complète : « Les chiens autour des caravanes aboient beaucoup. »
Si le bruit constitue une préoccupation importante pour les riverains, ces derniers s’inquiètent également des installations d’eau. « Ce qui nous choque surtout, ce sont les branchements d’eau sur les bouches d’incendie », ajoute Céline. Plus préoccupants encore pour les riverains, les branchements électriques qui débordent du buisson et donnent sur la rue. « Les câbles sont posés au sol : il suffit qu’un enfant touche et, à mon avis, il peut se faire électrocuter », estime Paul. Céline s’inquiète de voir des collégiens s’amuser à proximité : « Ils se poussent dans les buissons, alors que les câbles passent juste à côté. On leur a dit de faire attention. »
Face aux tensions décrites par les riverains, l’Association départementale pour l’accueil et la promotion des gens du voyage (ADAPGV 86) constate que « le stationnement illicite est une vraie question ». « Notre rôle est aussi d’expliquer aux familles les règles : lorsqu’elles sont installées, elles doivent limiter les nuisances et faire attention à leurs branchements », reconnaît Anne Chevrier, co-directrice de l’association.
Mais, pour l’ADAPGV 86, le respect des règles par les familles ne peut occulter le manque de solutions de stationnement et d’habitat. Selon les observations de l’association, 70% des familles installées de manière illicite souhaitent accéder à une aire d’accueil ou ont un projet d’habitat. Or, bien que sept aires d’accueil et une aire de grand passage (254 places en tout) soient mises à disposition par Grand Poitiers, l’association souligne qu’elles disposent de peu de places, car « environ 95% des familles installées sur ces aires n’en bougent plus », souligne Anne Chevrier. D'après elle, cette occupation durable réduit les possibilités d’accueil des familles de passage et contribue aux stationnements illicites. « Aujourd’hui, on laisse une partie de la population à la rue sans réponse en termes d’habitat », soupire-t-elle.
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