EcoAdapt 86, comme son nom l’indique

Quatre ans après son lancement, EcoAdapt 86 a permis à plus d’une quarantaine d’entreprises de la Vienne de réduire leurs consommations et factures d’énergie, à partir d’un audit suivi d’un plan d’actions. Le dispositif est unique en France.

Arnault Varanne

Le7.info

Au « lendemain » de l’invasion russe en Ukraine, en 2022, les prix de l’énergie ont flambé dans des proportions hallucinantes. A Lusignan, le dirigeant de Calminia s’était vu proposer un contrat à 1 000€/MWh 
contre 62€ en 2021 ! Au point que la Deets(*), le Medef et l’UIMM ont imaginé dès la rentrée 2022 EcoAdapt 86, un dispositif capable d’« accompagner les entreprises dans la transition énergétique et écologique » et, accessoirement, de leur permettre de réaliser des économies. Comment ? Via un audit initial des consommations de l’entreprise (pris en charge à 80% dans la limite de 7 000€), suivi d’un plan d’actions à dérouler. 


Facture = un prix 
multiplié par un volume

Quatre ans après, l’heure d’un premier bilan a sonné. Quarante-trois entreprises ont enclenché la démarche vertueuse, dans l’industrie, l’agroalimentaire, le tourisme… Avec une forme d’unanimité sur l’efficacité de la démarche. « Nous sommes une jeune entreprise en forte croissance donc la quantité d’énergie est à peu près proportionnelle à celle de produits fabriqués », balise Julien Magne, directeur de production de Biosynthis. Cette PME de 20 salariés en pleine croissance, basée à Dissay, fabrique « des ingrédients renouvelables et biodégradables » pour la cosmétique, mais aussi pour le marché des lubrifiants et des détergents. Et en faisant appel au consultant Nicolas Rolle-Milaguet, Biosynthis s’est fixé pour mission de 
« mieux acheter l’énergie », mais aussi de « réduire les sources de gaspillage dans les process de fabrication ». « Une facture, c’est un prix multiplié par un volume », rappelle au passage le dirigeant de Straténergie. Une façon de dire qu’il faut agir sur tous les leviers.

Ici, la quête de la performance passe donc par une meilleure conception des machines, la récupération de la chaleur produite, la réduction des fuites d’air… Sur le site de Dissay, une centrale photovoltaïque permet également à Biosynthis d’économiser 50 000€ d’électricité par an. Seul bémol sur le bilan carbone : l’acheminement de ses produits, dont 70% partent aux Etats-Unis et en Asie. 


« Eveiller les consciences »

Chez La Petite France, traiteur reconnu à Migné-Auxances, l’introspection aboutit à 
« 20 000€ d’économies sur douze mois flottants », selon son patron, François Lafond. 
« Il faut se souvenir qu’en 2023, la hausse du prix de l’électricité devenait très dangereuse pour nous. Un traiteur a besoin de frigos et d’appareils de cuisson », 
rappelle-t-il. Nouvelle cuisine plus performante, investissement dans une machine de découpe à jet d’eau, projet de panneaux solaires… La Petite France « produit mieux et plus propre », tout en ayant « éveillé les consciences de [ses] collaborateurs sur les bons gestes à adopter ». Car EcoAdapt 86 vise aussi à transformer les mentalités, jusque dans les moindres détails.

« Jusqu’à ce que nous fassions l’audit avec Nicolas (Rolle-Milaguet), nous n’avions pas conscience qu’éteindre les machines-outils, c’est bien, mais qu’éteindre le transformateur qui est relié, c’est encore mieux car il continue de consommer », 
témoigne Philippe Jehanno, dirigeant de TMH-Novatec. Le président de l’UIMM estime les économies à 30 000€ par an, 50% liées aux usages et « 50% liées 
à la renégociation de notre contrat sur une durée plus longue. » Le dispositif EcoAdapt 86, unique en France, se termine bientôt. Il reste encore des financements pour une quinzaine d’entreprises. A bon entendeur… 


(*)Direction de l’économie, de l'emploi, du travail et des solidarités.

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