Pour les patients atteints d’un cancer, la chambre implantable facilite les traitements mais peut aussi devenir une gêne au quotidien. La startup Cellule Rouge a imaginé un t-shirt équipé d’une protection destinée à rendre le dispositif plus confortable, plus discret.

Pierre Bujeau

Le7.info

Un véritable calvaire. Ange-Solal Llantia a pu faire les frais des nuisances occasionnées par sa chambre implantable lors de son parcours de rémission d’un cancer. Ce petit boîtier placé sous la peau permet d’administrer les traitements sans multiplier les piqûres sur le bras. Une aide précieuse dans un processus de soins qui peut s’étirer sur plusieurs mois. Reste que la cicatrice induite par l’utilisation du dispositif et la présence du boîtier provoquent chez certains des gênes. Notamment en conduisant, lorsque la ceinture comprime la zone, durant un match de tennis… Ou bien par la seule présence du boîtier, qui se devine sous un t-shirt. « Certains patients ne souhaitent pas que tout le monde sache qu’ils sont malades », souligne Benjamin Leroy, l’un des fondateurs de Cellule Rouge. Créée en 2026, la startup produit des t-shirts conçus pour apporter confort, sécurité et discrétion au quotidien. « Concrètement, nous avons créé une petite coque en polyuréthane, logée dans une poche et fixée par un système de Velcro. » L’assemblage peut être fixé selon la zone de la chambre implantable, à droite ou à gauche. Ensuite, une sous-couche a été ajoutée sous le t-shirt afin d’éviter les frottements et d’apporter davantage de confort. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le vêtement a fait ses preuves. 
« Trente personnes l’ont testé sur un laps de temps assez long et chacune d’elles le recommande vivement », se félicite le fondateur, dont la solution a été enregistrée à l’INPI(*).


Certification onéreuse

Convaincus que leur t-shirt protecteur sera, à l’avenir, un allié indispensable dans le quotidien des malades, les deux potes doivent désormais collecter 
des sous, beaucoup de 
sous. « 100 000€. On est bien conscients de ne pas les collecter 
d’un seul coup mais, à terme, c’est ce que l’on vise. » Cette somme doit couvrir les frais avancés aux cabinets de conseil spécialisés pour, un jour, obtenir la certification tant recherchée de « dispositif médical ». Présence dans les pharmacies, remboursement par la Sécurité sociale, vocabulaire débloqué dans les campagnes de communication… « C’est une porte ouverte sur plusieurs aspects. » 
La campagne de financement participatif sera un premier pas vers cet objectif.


Ange-Solal Llantia a mis un point d’honneur à ce que le t-shirt soit accessible financièrement. Il sait mieux que quiconque que les frais liés au traitement, la période d’inactivité et les difficultés à être embauché peuvent coûter cher. Prix du t-shirt : 65€. Le vêtement est fabriqué au Portugal et la coque à La Rochelle. Une deuxième version du produit est en cours. « L’école d’ingénieurs de l’EIGSI, à La Rochelle, nous aide à conceptualiser une deuxième version pour des sportifs. »



Le lien vers la campagne de financement participatif : https://fr.ulule.com/ameliorer-le-quotidien-des-personnes-qui-ont-un-cancer.

(*)Institut national de 
la propriété industrielle.

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