Quel premier match ! Les quelque 1 600 âmes massées dans Lawson-Body ont pu goûter, pour cette reprise, aux joies des scénarios à suspense. Mais si le spectacle fut au rendez-vous, la déception fut également de la partie. Jusqu’au dernier échange du tie-break, conclu sur le fil (14-16), les Poitevins ont entretenu l’espoir de renverser la rencontre. Mais telle est parfois la loi du sport : cruelle. Au terme de cinq sets haletants, les hommes de Dan Lewis ont fini par céder face aux Sudistes.
Un vibrant hommage
Autre temps fort de la soirée, le club a tenu à rendre hommage aux vainqueurs de la Coupe de France de 1996. Philippe Rossard, Moïse Jeanlys et Laurent Bigot, vêtus du nouveau maillot Adidas, ont été célébrés sous les applaudissements du public durant la pause. Un clin d’œil à l’histoire, puisque les Poitevins avaient déjà affronté Cannes lors de cette épopée victorieuse, trente ans plus tôt. Mais cette fois, la fête n’aura pas eu la même saveur. Les Dragons ont pourtant bien lancé leur soirée. Dès les premiers échanges, les deux équipes se rendent coup pour coup. Dusan Nikolic fait parler sa puissance, tandis que Noleto (17 points) répond aux assauts poitevins. Le grand Serbe martyrise la défense adverse avec ses frappes puissantes, à quatorze reprises lors des trois premières manches. Les challenges vidéo s’enchaînent, les défenses s’arrachent et chaque ballon devient un véritable combat. Dans cette première manche disputée, les Dragons finissent par faire la différence dans les derniers instants (25-23).
Un tournant dans le deuxième set
Aucun des deux camps ne parvient véritablement à prendre l’ascendant psychologique sur la rencontre. Le deuxième acte en est l’illustration parfaite. Plus fébriles, les Poitevins laissent filer des points précieux sur des réceptions approximatives et des fautes directes, neuf sur ce seul set. Cannes en profite pour creuser l’écart. Alors que la manche semble lui échapper, Nikolic sonne la révolte et relance les siens. Mais les Sudistes résistent et finissent par arracher le set (25-27). Un tournant incontestable, qui aura inévitablement pesé sur la suite de la rencontre.
Un tie-break irrespirable
Après avoir laissé filer le troisième set (21-25), les Dragons trouvent les ressources pour recoller à deux manches partout (25-22). Place alors au tie-break. À l’image de la rencontre, les deux équipes se livrent un véritable combat de boxe, chacune rendant coup pour coup. Les services de l’Allemand Mohwinkel font mal, très mal. Mené 7-11, Poitiers semble au bord du KO. Mais Lawson-Body refuse de baisser les bras. Portés par un public réputé pour sa ferveur à travers l’Hexagone, les locaux repartent au combat. Korenblek et Nikolic ramènent les leurs dans la partie. Les challenges vidéo et les contestations entretiennent une tension devenue insoutenable. A 14-14, l’exploit semble encore possible. Mais les deux derniers points échappent aux Dragons, qui s’inclinent finalement 14-16. Pas le temps de gamberger pour les hommes de Dan Lewis puisqu'ils sont attendus dans seulement trois jours à Nice.
DR - Sébastien Laval