A Paris, Grand Poitiers en vitrine

Dernier jour de Paris Games Week pour Grand Poitiers. La communauté urbaine était présente sur le plus grand salon français dédié au jeu vidéo pour faire découvrir son écosystème autour de l’e-sport. Et affirmer ses ambitions.

Steve Henot

Le7.info

« Poitiers, capitale de l’e-sport. » Lettres jaunes capitales sur fond bleu étoilé, la communauté urbaine de Grand Poitiers bombe le torse au parc des expositions de Paris, à l’occasion du Paris Games Week. Et pour cause, elle est la première collectivité à être présente sur le plus grand salon français dédié au jeu vidéo. « Ce n’est pas de la frime, ça représente pour nous une réalité, estime Alain Claeys. Nous voulons montrer que des territoires, il peut se monter des choses. »

Mais Grand Poitiers n’est pas seule à s’intéresser de près au e-sport, ces dernières années. Plusieurs villes de France revendiquent ce statut de « capitale » de la discipline. Paris, Metz et Tours accueillent désormais de grandes compétitions, souvent mieux dotées que la Gamers Assembly. Lyon a, depuis la rentrée, une école dédiée au e-sport… Alors, où se situe réellement Poitiers ? « Le mot « capitale » est un peu galvaudé, estime Désiré Koussawo, l’un des membres fondateurs de la Gamers Assembly, aujourd’hui à la tête d’une société organisatrice de tournois e-sport. Ce qui fait la différence, c’est la passion des bénévoles de la « GA » qui ont accumulé vingt ans de compétences. Je ne vois qu’un équivalent en France, pour cet esprit associatif, c’est Lyon e-Sport. »

Grâce à la Gamers Assembly, « tous les joueurs connaissent Poitiers », assure Nicolas Besombes, vice-président de l’association France eSports. Au Paris Games Week, l’événement poitevin jouit d’ailleurs d’une reconnaissance unanime du milieu du jeu vidéo. « C’est une date importante pour tous les éditeurs et pour de nombreux joueurs », croit Julie Chalmette, la présidente du Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL), qui organise le salon parisien. Pour beaucoup, Poitiers est d’autant plus « légitime » que sa Gamers Assembly, plus ancienne LAN party de France, reste la pionnière du genre.


En quête de partenariats

Mais la réputation de Grand Poitiers ne saurait se résumer à la seule « GA ». « La collectivité a tissé un réseau d’initiatives très intéressant », confie Julie Chalmette, qui se dit notamment attentive au développement de l’association de loisir intergénérationnel Silver Geek et à l’offre de perfectionnement proposée par le Creps de Poitiers. Des atouts qui n’existeraient pas ailleurs. « Chaque territoire a sa propre stratégie, analyse Nicolas Besombes. Grand Poitiers est peut-être moins axée sur l’aspect purement compétitif que d’autres collectivités. »

Reste que, pour devenir une place forte du e-sport en France, Poitiers doit encore nouer des liens économiques plus forts avec l’industrie du jeu vidéo. Un premier pas a été fait, quelques jours avant le Paris Games Week : la collectivité et le Creps se sont associés à Maxnomic, leader mondial dans le domaine du siège gaming, afin d’équiper leur futur centre d’entraînement e-sport. Lors de l’annonce, Alain Claeys n’a pas caché son souhait d’attirer la société basée à Tours sur la Technopole du Futuroscope. Ferréol Chevalier, le directeur général de Maxnomic, n’a pas vraiment fermé la porte.

Le Paris Games Week est une occasion unique pour Grand Poitiers d’approcher certaines entreprises du secteur. Notamment des constructeurs informatiques, tels Acer, Dell, Omen by Hp… « Nous pensions que nous serions seuls à chercher des partenaires mais on s’est vite rendu compte que nos interlocuteurs étaient aussi en demande, se réjouit Bruno Pinzauti, directeur du service économique et emploi à Grand Poitiers. Ici, nous avons la chance d’être en lien direct avec les décideurs de ces sociétés. » La communauté urbaine fonde de grands espoirs, tout en continuant à imaginer de nouveaux développements. Pour Julie Chalmette, « Poitiers peut être un cas d’école. »

 

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