La self-défense, une évidence

De plus en plus de femmes se dirigent vers des cours de self-défense, pour se prémunir d’éventuelles agressions. Comme Lou, 19 ans, victime d’un guet-apens en 2019, qui se forme à Sèvres-Anxaumont. « C’est triste d’en arriver là, mais ça me rassure », explique l’étudiante.

Arnault Varanne

Le7.info

Il y a encore quatre ans, le PEC arts martiaux accueillait deux tiers d’hommes dans ses cours de self-défense. Aujourd’hui, « les femmes sont en majorité sur le tapis », constate Antoine Bureau, président du club. Aux professionnels de la sécurité, s’ajoutent désormais des « infirmières des urgences du CHU » et des « anonymes » qui éprouvent le « besoin de se rassurer ». Ainsi va l’époque, où harcèlement de rue, drague lourdingue et prédation sexuelle se mélangent dans un cocktail infâme. Les chiffres en attestent. En 2020, dans la Vienne, les atteintes volontaires à l’intégrité physique représentaient 3 182 faits, dont 731 menaces et chantages et 430 violences sexuelles.

Lou a été victime d’une agression en 2019, à Tours, où elle étudie. « Je rentrais de la fac jusqu’à chez moi. Il était tard, il faisait nuit. Il n’y avait personne. Quatre hommes m’ont suivie, ont commencé à me parler. Je n’ai pas répondu. L’un d’eux m’a attrapée par la manche et les autres m’ont entourée. J’étais pétrifiée. Je croyais vraiment que j’allais me faire violer. J’ai finalement réussi à en bousculer un et à courir. Je n’ai jamais couru aussi vite de toute ma vie ! » L’épisode reste gravé dans sa mémoire. Et l’étudiante poitevine a donc décidé de suivre des cours de self-défense à Sèvres-Anxaumont. Deux fois par semaine, depuis dix ans, Stéphane Pescher y enseigne le close combat. Et en début de semaine dernière, il a été surpris de l’affluence pour la reprise de la saison. « Une vingtaine de personnes, dont seize femmes ! », témoigne le responsable technique national du tactical SOG (Système pour groupe opérationnel).

« Avant tout 
un état d’esprit »

Ici, on apprend les techniques simples de close combat ou combat rapproché, mais on ne demande pas spécialement pourquoi les gens viennent. « Au bout de quelques cours, certaines se livrent, notamment auprès de Christian (Bodin) » qui le seconde. Quel que soit le motif, les adhérentes ont soif d’apprendre, non pas à se battre, mais à se sortir de mauvaises situations. « On est dans l’opérationnel, reprend l’ancien militaire. Il s’agit de savoir comment positionner ses mains, trouver l’angle pour s’échapper, capter un regard... Savoir se poster, dans quel contexte on évolue, ça peut éliminer 80% d’une agression. Une rue mal éclairée vous met forcément plus en danger. Au-delà des techniques, le close combat est avant tout un état d’esprit. Sans être parano, il faut être vigilant. » Les mises en situation « sous stress » permettent d’acquérir « les bons réflexes ». Et à en croire Antoine Bureau, « apprendre à se défendre devient aussi essentiel que savoir nager ». 


Plus d’infos auprès du PEC arts martiaux sur pec-artsmartiaux.com et auprès de Stéphane Pescher au 06 29 37 78 65. Courriel : spescher86@gmail.com.

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