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C’est une réforme silencieuse, mais dont les effets seront massifs. Dans quelques mois, la facturation électronique s’imposera à toutes les entreprises françaises, sans exception. Le calendrier est désormais connu. L’obligation d’émettre des factures électroniques prendra effet le 1er septembre 2026 pour les grandes structures et celles de taille intermédiaire (ETI), et un an plus tard pour les TPE-PME. En revanche, l’obligation de recevoir des factures dématérialisées s'appliquera, elle, dès le 1er septembre prochain, pour toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, y compris les micro-entreprises (auto-entrepreneurs). L’objectif est clair : lutter contre la fraude à la TVA, simplifier les déclarations et disposer d’une vision en temps réel de l’activité économique. Dans le cadre de cette réforme d’ampleur nationale, qui marque un tournant majeur dans la transformation numérique de l’économie française, chaque dirigeant devra choisir une plateforme agréée (PA) par l’État pour émettre et recevoir ses factures. A ce jour, pas moins de 120 PA ont été immatriculées par l’administration fiscale.
Un risque de décrochage numérique
Sur le papier, il est difficile de contester ces ambitions. En revanche, sur le terrain la réalité est tout autre. La réforme agit comme un révélateur, mettant en lumière les fragilités structurelles de nombreuses petites entreprises face au numérique. En effet, alors que les grandes entreprises sont déjà largement équipées et que les PME s’organisent, les TPE, elles, accusent un retard préoccupant.
Pour ces petites structures, le risque d’un décrochage numérique, voire d’erreurs de conformité susceptibles d’entraîner des sanctions, est bien réel. C’est le cas dans la Vienne. Le département compte plus de 16 600 micro-entreprises, dont 9 200 sont économiquement actives et réalisent 41,1 millions d’euros de chiffre d’affaires par trimestre (selon l’Urssaf).
« La facturation électronique impose une véritable réorganisation administrative et financière, avec des formats normés, des plateformes certifiées, des flux de données structurés. Autrement dit, une logique industrielle appliquée à des structures artisanales, commente Julien Porcarelli, élu de l’Ordre en charge de la Commission transition numérique. Or, beaucoup de ces petites structures utilisent encore des outils rudimentaires, parfois même des factures sous Word ou Excel. Pour elles, la réforme représente un investissement financier non négligeable, une complexité technique difficile à appréhender et un changement profond des habitudes de gestion »
L’expert-comptable, dernier rempart ou premier allié ?
Dans ce contexte, un acteur émerge comme décisif : c’est l’expert-comptable. La Vienne en compte 103.Plus qu’un simple prestataire, ce professionnel du chiffre devient un partenaire stratégique de la transformation numérique des TPE.
« Au-delà de son travail d’information et de sensibilisation des dirigeants pour expliquer les obligations et les échéances, il joue un rôle essentiel pour les accompagner dans la mise en conformité, pour choisir les bons outils, structurer les flux et mettre en place les procédures, souligne Delphine Sabatey, présidente de l’Ordre régional des experts-comptables. Car pour les dirigeants de TPE l’enjeu est clair : soit ils subissent la réforme, soit ils en font une opportunité et un levier de modernisation qui peut leur permettre de rester compétitifs dans un environnement économique de plus en plus digitalisé, où la donnée devient centrale.» Dans cette course contre la montre, une évidence s’impose : la technologie seule ne suffira pas. Ceux qui auront anticipé en tireront un avantage et l’accompagnement fera toute la différence.
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