Entre des acquéreurs qui se montrent de plus en plus exigeants sur la qualité des biens proposés et des vendeurs qui campent sur leurs positions inflationnistes et spéculatives, le marché immobilier poitevin vit au ralenti.

Nicolas Boursier

Le7.info

Année après année, son nom brille de mille feux sur l'avant-scène de l'attractivité immobilière. La Gibauderie ? Bien plus qu'une destination privilégiée, un eldorado couvé de toutes les attentions par les investisseurs, d'ici et d'ailleurs. Lové entre CHU et campus, cerné par les zones commerciales du Grand-Large, au sud-ouest, et de Beaulieu au nord-est, le quartier préféré des étudiants -ceci explique aussi cela !- 
maintient haut le pavillon de l'« investissement locatif rémunérateur » à Poitiers. 
« Le collectif y a toujours autant de succès, confirme le nouveau président de la Fnaim 86,
Brice Rouquet. Au Studel, par exemple, les appartements se vendent très bien. » 


Sur le terrain de l'investissement locatif comme sur celui de la transaction, la Gibauderie, malgré des prix à la vente pouvant parfois dépasser les 2 500€ le mètre carré pour de belles maisons des années 70-80 parfaitement entretenues, a des atouts inégalables à faire valoir. « Beaulieu, dans une moindre proportion, pour la proximité des facs, le Pâtis, secteur pavillonnaire en fort développement, et, de l'autre côté de la ville, Chilvert, quartier « chic » par excellence, tirent leur épingle du jeu, poursuit Brice Rouquet. Ailleurs, c'est plus difficile. » Notamment sur le plateau.


Longues transactions

S'il reste toujours aussi prisé des étudiants pour son offre locative en chambres, studios ou T1 de bon standing, le centre-ville pâtit aussi et surtout d'une 
« mésentente » larvée entre des propriétaires arcboutés sur des prétentions financières trop souvent démesurées et des investisseurs eux-mêmes le doigt scotché sur leur calculette, en quête de perspectives de rendement mirobolantes. « Nous avons d'un côté des vendeurs, bien souvent contraints par la nécessité d'effectuer des travaux de mise en conformité énergétique et donc soumis à de fortes dépenses, qui dopent leurs prix à la vente et n'en démordent pas, poursuit le président de la Fnaim 86. Le principal effet de ces prises de position est que la transaction traîne en longueur et, dans de nombreux cas, que les candidats acquéreurs se découragent. Comme de l'autre côté, nous avons des acheteurs eux-mêmes très exigeants, qui recherchent le mouton à cinq pattes, bien de grande qualité, financièrement « dans les clous » et idéalement situé, le fossé se creuse, le déséquilibre s'installe. » « Ce n'est que mon avis, assume encore Brice Rouquet, mais j'ai le sentiment que cette situation sclérosée, au moins sur le marché du locatif, profite à la périphérie poitevine et par extension à Châtellerault, où les immeubles de bon rapport trouvent plus rapidement preneurs, à des prix bien évidemment moindres. » 


Les prix, mais quels prix ? A l'achat, en mai 2026, sur Poitiers, tous secteurs confondus, le mètre carré se négocierait en moyenne à 2 280€ pour un appartement (avec des pics à 
3 200€) et à 2 050€ pour une maison (avec des pics à 3 300€). « L'évolution est stable sur un an pour les maisons, précise l'agent immobilier, en légère baisse (-2,2% selon les sources) pour les appartements. » Une évolution à l'image du marché de la transaction, atone, sans éclat, et d'une demande que l'on peut qualifier de « frileuse ».

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