L'Adepah (re)monte au combat

Constituée il y a tout juste quatre ans, l'Association pour la défense de l'environnement, du patrimoine et de l'habitat (Adepah) a déposé, fin 2025, sa contribution collective à l'écriture du futur plan local d'urbanisme intercommunal. (PLUI). Pour l'heure, nul ne sait si ses suggestions seront retenues.

Nicolas Boursier

Le7.info

De leurs premières ambitions, ils ont conservé cette volonté farouche de dénoncer l'absurde, le laid, le supraminéral, le monolithique. En quelques mots mieux sentis, la prolifération des projets urbanistiques sacrifiant respect de l'environnement, bien-être des habitants et confort visuel des riverains sur l'autel du toujours plus gros, du toujours plus haut, du toujours moins écolo. 


La raison d'agir de Dominique Leblanc et des membres de l'Adepah 86 est restée la même depuis quatre ans. Et depuis quatre ans, le secrétaire de l'association, lui-même président du comité de quartier autour du Pont-Neuf, se heurte au même constat d'inanité. 
« Notre premier devoir, rappelle-t-il, est un devoir d'information. Le problème, c'est que la quasi totalité des programmes de construction que nous dénonçons ne sont jamais soumis à la consultation des riverains, ni même présentés, en amont de l'instruction du permis de construire. Comment voulez-vous que nous informions, que nous fassions savoir, que nous expliquions, sans avoir nous-mêmes eu connaissance de la nature du projet élaboré en coulisse ? »

Pareil enchaînement de situations inextricables en découragerait plus d'un. Pas la trentaine d'adhérents de l'Adepah 86, qui ont compilé suggestions et avis dans une « contribution collective » à l'écriture du prochain Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI), adressée à la collectivité en décembre dernier. Un cahier de doléances en forme de profession de foi, qui met notamment en lumière l'exigence d'aménagements plus végétalisés, de matériaux de construction plus éco-responsables, de zonages mieux réfléchis, de hauteurs de bâtiments limitées et plus largement de règles d'urbanisme mieux appliquées. L'écriture du document est en phase d'achèvement. Rien ne dit que la missive de l’Adepah 86 ait été consultée. Prise en compte ? 
Dominique Leblanc fatalise : 
« Croire en ce que nous faisons est notre seul moteur. Nous croyons donc en la valeur de cette « contribution ». Nous ne sommes toutefois pas allés jusqu'à demander que la consultation de la population devienne elle-même une règle, nous nous serions sans doute heurtés à un mur. »

A dire vrai, l'association ne mise plus, désormais, que sur la commission d'urbanisme de Poitiers, mise en place début 2025, pour remplir sa mission d'information et de sensibilisation. « A l'initiative de cette commission, des experts, urbanistes, promoteurs et techniciens de la Ville, ont déjà honoré de leur présence et de leurs témoignages des réunions organisées par nos soins à l'intention des habitants. Hélas, à cette date, nous ne savons toujours pas si cette entité a été reconduite par le nouveau maire. » A ce stade, l'Adepah 86 n'est plus à un doute ou à un silence près.

À lire aussi ...