Play-offs : Poitiers s’envole vers les demi-finales

Dans une salle Jean-Pierre-Garnier encore une fois en ébullition, le PB86 a décroché son billet pour le dernier carré des play-offs d'Elite 2 au terme d'un troisième et dernier match irrespirable face à Saint-Quentin (76-73). Place à la réception de Nantes mercredi.

Pierre Bujeau

Le7.info

Tous les ingrédients étaient réunis pour faire de cette soirée un moment à part. Une salle pleine à craquer, un adversaire venu de l’échelon supérieur, une série tendue jusqu’à son épilogue (4 et 3 points d'écart sur les deux premières manches)  et, surtout, un enjeu immense : continuer à rêver dans ces play-offs d'Elite 2. Le défi avait pourtant tout d’une mission impossible. En face se dressait Saint-Quentin, une formation athlétiquement supérieure, avec des individualités taillées pour la Betclic Elite mais dont certaines déclarations avaient chauffé les esprits à l'issue de la première confrontation. “ Sans manquer de respect, on doit gagner contre cette équipe de Poitiers”, notait Netfali Difuidi dimanche dernier. Concentrés, les Poitevins ont fait fi des provocations pour se concentrer sur le plus important, le jeu.

Entame tonitruante 

Dès les premières secondes, le ton était donné. Narcisse Ngoy, de retour après son absence lors de la deuxième manche, faisait exploser Jean-Pierre-Garnier avec un dunk rageur avant de signer un contre monumental sur Ekiyor. Littéralement le match dans le match après l’exclusion de Ngoy dans la première manche... provoquée par l'intérieur canadien. Le public comprenait immédiatement que cette rencontre ne ressemblerait à aucune autre. Mais Saint-Quentin n'a jamais plié face a chaque début de quart-temps tonitruant des Poitevins. Pour cela il fallait s’en remettre à ses joueurs forts. Cat Barber, absent lors du premier match à Saint-Éloi, a tenu à se présenter aux supporters du PB86. Avec 18 points marqués dans les 20 premières minutes et 21 à la fin de la rencontre, difficile de passer à côté de son talent. Johnson, auteur de 29 points dans la première manche, a influencé cette partie dans un autre registre. Créateur d’espace et distributeur de caviars, l'arrière américain n'a toutefois pas eu la même efficacité comptable ce soir avec 9pts à 3/15 et 5 passes décisives.

Avec le coeur 

A la mi-temps, les visiteurs menaient 43-39, mais Poitiers restait dans le match, cramponné au score et à ses espoirs de goûter à nouveau à une demi-finale de play-offs, douze ans après celle de 2014. Au retour des vestiaires, le PB86 a d'ailleurs haussé le ton, porté par un Marcus Hammond en feu à trois points et un Gomis gratteur de fautes et donc de lancers francs précieux. Poitiers repassait devant. Mais Saint-Quentin revenait. Toujours. Inlassablement. Le quatrième quart-temps a viré au roman. A 63-63, chaque possession valait de l'or. Les attaques se crispaient, les défenses se durcissaient. Chaque possession devenait un combat. Saint-Quentin ne marquait que dix points en dix minutes, le PB86 cinq de plus. A moins de trois minutes du terme, l'équipe poitevine arrachait des rebonds offensifs en cascade qui donnaient des secondes chances précieuses et cinq points d’avance. Gomis plantait un trois points à point nommé, Ratton martyrisait la raquette adverse deux fois de suite. Et la salle soufflait, criait, vibrait. Puis Difuidi, d'un trois points assassin, remettait Saint-Quentin sur les rails (75-73) à 37 secondes de la fin. Un frisson collectif, puis le bruit, à nouveau. Le temps semblait suspendu. Les regards se tournaient vers le chronomètre. Une défense héroïque, un panier raté d'Oniangue, un ultime rebond capté par Ngoy, des lancers francs manqués par celui-là, puis enfin la délivrance, malgré une réussite aux lancers francs qui aurait pu être fatale (17/31).

Au buzzer, les bras se sont levés. Les joueurs se sont précipités les uns vers les autres tandis que le public exultait. Après avoir tenu tête à l’un des favoris de ces play-offs pendant trois matchs, le PB86 venait de signer l’un des plus beaux exploits de son histoire récente, assurément. L'euphorie de la victoire en ferait presque oublier que la route reste longue, et elle le sera. En demi-finale, le PB86 retrouvera Nantes, qui s'est défait de Blois (68-88) dans le Loir-et-Cher, là aussi au terme d'une belle. Rendez-vous mercredi pour le premier round des demi-finales, à Saint-Eloi. Dans cette série, Poitiers aura l'avantage du terrain. Après un déplacement à Nantes, la belle éventuelle se disputera en effet à Saint-Eloi le 9 juin. On n'y est pas encore... 

 

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