L’enfer du décor

Dans L’Objet du délit, plongez dans l’intimité d’une production d’opéra secouée par un scandale d’agression sexuelle.

Le7.info

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Si les strass et les paillettes brillent sur scène, la réalité peut être tout autre en coulisses. C’est ce qu’essaie de montrer L’Objet du délit, le tout dernier film réalisé et co-écrit par Agnès Jaoui. Le spectateur y suit une production ambitieuse de l'opéra Les Noces de Figaro de Mozart. Petit à petit, les tensions montent lorsqu'une accusation d'agression sexuelle éclate, mettant en péril la production et forçant chacun à prendre position. Cette comédie dramatique met le doigt sur une problématique d’actualité : les abus dans le monde du spectacle. Les notions de patriarcat et de domination masculine occupent une place centrale. Le public se retrouve notamment face au mépris auquel est confrontée la metteuse en scène Mirabelle (Claire Chust) de la part des hommes de la production. Le racisme est également évoqué à travers le personnage de Cora, interprétée par Eye Haïdara. Tensions, peur et incertitude rythment le film pendant plus de deux heures.

Cependant, le long-métrage va encore plus loin en questionnant ce que signifie être un homme à l’ère du mouvement « MeToo ». Igor (Daniel Auteuil), le maestro de cette équipe, en vient même à douter de lui et à remettre en question certains de ses comportements. Cela apporte une seconde lecture intéressante. Comme pour chacun de ses films, la réalisatrice Agnès Jaoui prend part à l’action en incarnant Hannah, une chanteuse d’opéra de renom. Son interprétation, mêlant snobisme et autorité, illustre de manière efficace l’atmosphère parfois pesante qui règne dans le milieu artistique. 

L’humour accompagne l’histoire de manière très naturelle et vient apporter une touche de légèreté au récit. Les chants et les séquences musicales sont, quant à eux, parfaitement mis en scène, ce qui aide grandement le spectateur à entrer dans l’univers de l’opéra. Agnès Jaoui cherche surtout à mettre en avant les mécanismes de domination et d’emprise de certains hommes envers les femmes, sans oublier la difficulté à prendre parti dans ce genre de situation. La nécessité de libérer la parole n’en demeure pas moins le principal message du film. L’Objet du délit s’impose comme une œuvre, aussi nécessaire qu’actuelle, interrogeant avec justesse les rapports de pouvoir dans le monde du spectacle. Un film qui devrait faire réfléchir bien après la séance.

Comédie dramatique d’Agnès Jaoui avec Agnès Jaoui, Daniel Auteuil, Eye Haïdara (2h13).

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