Le tourisme fait vivre les territoires, mais il participe aussi à leur fragilisation face au dérèglement climatique. Entre contraintes budgétaires et petits gestes du quotidien, la filière cherche encore comment accélérer sa transition.

Pierre Bujeau

Le7.info

Avec 14Mds€ de dépenses directes, 142 000 emplois et plus de 20 000 entreprises qui en dépendent, le tourisme s’impose comme l’un des principaux moteurs économiques de la Nouvelle-Aquitaine. La région accueille à elle seule 29 millions de touristes par an, ce qui pousse désormais les acteurs du secteur à repenser leurs pratiques face aux défis environnementaux. D’autant que le tourisme est loin d’être le meilleur élève : le secteur émet en France 46 millions de tonnes de CO2, soit 11% des émissions nationales de gaz à effet de serre. Si tous les acteurs s’accordent pour préserver le territoire qui les fait vivre, beaucoup pâtissent encore d’un manque de moyens. La rénovation des réseaux d’eau, la modernisation des équipements ou l’adaptation aux risques climatiques représentent des coûts parfois insurmontables sans accompagnement extérieur. « On a atteint 60% de réduction de la consommation d’eau via un système de compteurs, pour un investissement de 24 000€. C’est un budget qui n’est pas accessible à tous », témoigne Alice Malabard, directrice adjointe du CPA de Lathus. La Région en est consciente et a créé un fonds d’investissement dédié. « L’établissement Bleu Minuit, à Pleumartin, composé de plusieurs écolodges, en a bénéficié dès sa création il y a deux ans », illustre Rémi Justinien, conseiller régional en charge du Tourisme. L’objectif affiché consiste à sécuriser les investissements, faciliter l’accès au crédit et éviter la fragilisation des petites structures.


Bonnes pratiques

La Région mise aussi sur la sensibilisation directe. « On peut agir immédiatement avec des gestes simples, comme relever sa consommation. La communication des bonnes pratiques diminue de 20% les consommations sans aucun investissement », rappelle Michel Durrieu, conseiller régional en charge du Développement touristique. Ces pratiques simples sont référencées sur la feuille de route Néo Terra, qui fixe des objectifs de transition pour les professionnels et se décline en 86 fiches d’actions concrètes. Un outil qui peut permettre de s’orienter vers l’obtention de labels, « Clef Verte »
pour les maisons d’hôtes, 
« Excellence Environnementale Afnor » pour les restaurateurs. A Lussac-les-Châteaux, la Table des Orangeries en fait partie. 
« Avec la canicule, on a mis en place une opération NoChaud, pour ne pas rajouter de la chaleur à la chaleur, explique Olivia Gautier, dirigeante du premier hôtel éco-labellisé (en 2012) dans la Vienne. Les clients y sont sensibles. Ils ont l’impression d’agir plutôt que de subir. » Reste à distinguer la bonne volonté des gestes concrets. « Près de 70% des voyageurs se disent prêts à adopter un tourisme plus durable, seuls 4% seraient réellement passés à l’acte », note Michel Durieu.

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