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Voilà maintenant dix ans que Marie-Odile, Marie-Dominique, Jacques ainsi qu’une douzaine de familles ouvrent leurs portes et partagent leur toit via l’association Welcome Poitiers. Née dans le sillage de la crise migratoire et des campements de Calais, l’association a été fondée par le Service jésuite des réfugiés (JRS) avec une conviction : face à l’urgence humaine, l’hospitalité ordinaire de certains peut être extraordinaire pour d’autres. Réfugiés, demandeurs d’asile, sans-papiers, peu importe. Welcome Poitiers accueille « toute personne migrante, quelle que soit sa situation administrative ». Un élargissement devenu nécessaire face au durcissement des récentes politiques migratoires et à la saturation des structures d’urgence. « Avant, beaucoup de personnes obtenaient un logement ou des papiers assez rapidement. Aujourd’hui, les démarches sont plus longues et plus complexes », constate Amelya Bowyer, coordinatrice de l’association. Le principe est simple : accueillir gratuitement une personne pendant six mois maximum, à raison de trois semaines à un mois dans chaque famille. « Ce système sécurise les accueillants et permet aussi à l’accueilli de comprendre que ce n’est pas une installation définitive », explique Gérard Rochard, membre fondateur. L’association ne génère aucun profit et ne fonctionne qu’avec le bon vouloir de ses bénévoles. Chaque hébergé est accompagné par un binôme de tuteurs, chargés d’assurer le lien avec les familles et de veiller au bon déroulement du séjour.
Pour Ghislain(1), arrivé de Côte d’Ivoire il y a plusieurs mois, l’association représente bien plus qu’un simple toit. Avant de rejoindre Welcome, le jeune homme alternait entre la gare de Poitiers, le parc de Blossac et les appels quotidiens au 115 dans l’espoir d’obtenir une place d’urgence. « C’était un stress permanent. Tous les jours, il fallait appeler le 115(2) sans savoir où dormir le soir », raconte-t-il. Une errance qui use autant le corps que l’esprit. Après plusieurs mois d’attente, une chambre se libère finalement chez Marie-Dominique, à Vouneuil-sous-Biard. Très vite, une relation de confiance s’installe entre l’accueillante et son invité. Courses, repas partagés, promenades ou exercices de français rythment désormais leur quotidien. « Elle m’aide beaucoup pour parler et écrire. Grâce à elle, je me sens plus à l’aise », sourit Ghislain. Une aide précieuse, autant pour parfaire son intégration que pour affronter les échéances administratives à venir. « On donne beaucoup, mais on reçoit énormément humainement », confie Marie-Odile. Depuis sa création, Welcome Poitiers a accompagné une quarantaine de personnes grâce à une douzaine de familles d’accueil. Pour échanger avec de nouveaux accueillants volontaires, l’association organise une réunion publique le 9 juin, à Poitiers, au centre d’animation des Couronneries, à 20h. L’occasion de rappeler qu’une chambre vide peut parfois changer une vie.
(1)Le prénom a été modifié. (2)Le 115 est un numéro d’urgence à contacter lorsque l’on recherche un endroit où passer la nuit.
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Frédéric Goujon. 54 ans. Habite Saint-Georges-lès-Baillargeaux. Cadre au sein du groupe Sorégies. Atteint de la maladie de Parkinson. A décidé de se battre et d’éveiller les consciences. Reliera Bordeaux à Toulouse à vélo, du 15 au 26 juin. Signe particulier : déterminé.