À Poitiers, Isabelle Feuillet a fait pousser, fin 2024, bien plus qu’un potager. L’Îlot Merveilles, c’est 2 500 m² cultivés en permaculture, des légumes sans pesticide à la vente, une caisse solidaire, des ateliers pour les plus précaires et une philosophie profondément humaine.

Le7.info

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Pour mieux comprendre ce jardin de vente de fruits et légumes situé au bord du Clain aussi beau que nourricier, un retour sur le parcours de celle qui porte ce projet s’impose. Directrice d’une compagnie de théâtre, Isabelle Feuillet a longtemps travaillé avec des publics dits « sensibles » du quartier des Trois-Cités : personnes précaires, jeunes migrants mineurs isolés… Un engagement qui l’a conduite pendant sept ans, jusqu’en 2025, à travailler comme monitrice d’atelier à Audacia, puis comme éducatrice, toujours pour Audacia, dans un Centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), où elle a créé un jardin pour proposer des ateliers, notamment de cuisine. « Je ne suis pas maraîchère, mais d’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours jardiné », 
souligne Isabelle. 


Hyperactive, elle décide, dans le même temps, après avoir fait l’acquisition de plusieurs terrains autour de chez elle, complétés par des prêts de voisins, de créer une association avec un collectif d’amis pour faire naître l’Îlot Merveilles, avec un engagement fort : « Le mieux manger pour tous et la lutte contre la précarité alimentaire ». 
Autour d’elle, des profils très divers : un ancien proviseur de lycée, une météorologue, une éducatrice, une étudiante en psychologie, un banquier, des personnes accompagnées par des structures sociales... 


Courant 2025, elle se lance à temps plein dans ce projet et quitte Audacia. « Un départ qui s’est fait dans une confiance mutuelle. Le CHRS est devenu prestataire du jardin, permettant à l’association de démarrer sur des bases solides. »


Permaculture et mission sociale

En mai 2025, les plantations ont débuté avec des volontés fortes : 
« Jardinage en permaculture, zéro pesticide, zéro intrant chimique. De toute façon, nous n’aurions pas les moyens de nous les payer », sourit-elle. Le jardin-verger produit des légumes de toutes saisons ainsi que des fruits. La distribution auprès des adhérents repose sur un principe simple : chaque lundi, un SMS recense les disponibilités. Chacun commande son panier librement et le récupère, les jeudis et vendredis après-
midi. « Autant d’occasions de rencontres, d’échanges, parfois autour d’un verre. »


Au-delà du maraîchage, le jardin revendique aussi une mission sociale : accueillir des personnes très éloignées de l’emploi. « Ce lieu leur offre un espace de remobilisation, à leur rythme. On a mis en place des conventions de stages gratifiés à 4,50€ l’heure. » 
Parfois, certains reviennent comme bénévoles. C’est le cas de Rachel. « Pour moi, le jardin est une vraie bouffée d’oxygène, mais aussi une béquille dans mon combat contre certains démons. » 
Depuis sa création, l’Îlot Merveilles a tissé un réseau de partenaires. Une convention a été signée avec la Ville de Poitiers qui lui permet d’exploiter une parcelle supplémentaire, rue du Colonel-Honorat. Lauréate de la Fondation Territoriale de la Vienne puis du Fonds d’initiatives des quartiers des Trois-Cités, l’association projette d’installer une yourte sur le terrain de la Ville pour organiser des ateliers de cuisine et transformer les produits, et envisage également d’investir de nouvelles parcelles. De quoi augmenter la production, « ce qui nécessitera d’accueillir davantage d’adhérents ». 


Plus d’infos sur 
jardindelilotmerveilles.com.

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