Aujourd'hui
Courir, c'est protéger ses cartilages
Jean Fleuret, notre expert en course à pied, fait tomber quelques idées reçues cette semaine.
Depuis toujours, on lui a appris à tout donner sans compter. Au bout de l’effort, doit primer la satisfaction du dépassement assumé. Cette fois-ci plus que jamais, Karine Zeimer est allée au bout d’elle-même, mais a eu besoin de sa calculette pour mesurer l’ampleur de son accomplissement. « 649,611km en six jours, soit 144h, ça fait 108,268km quotidiens. Pas mal non ? » Et comment ! Un Everest que ce sommet-là !
Pour une première, le pari fou est devenu record de l’impossible. Record d’Europe et donc record de France. L’ancien était de 636,921km. Atomisé de plus de 11 minutes. La « Master 4 » -elle aura 56 ans en octobre- peine à mesurer la portée de son exploit. « J’ai juste donné la preuve qu’en se préparant bien et en croyant fort en soi, on pouvait abattre des montagnes. » Et la maman, reconnaissante, de préciser : « Ma plus grande satisfaction est d’avoir su plier sans rompre, notamment les dernières vingt-quatre heures, alors même que mes pieds me faisaient très mal, et avoir vécu cette épreuve quasiment en autosuffisance, avec la seule assistance et le soutien inconditionnel de mon fils Jérôme, qui m’a portée à bout de bras. »
Du 6 au 12 mai, à Vallon-Pont-d’Arc, Karine a bouclé la bagatelle de 575 tours du circuit de 1,131km dessiné autour du camping L’Ardéchois. D’autres chiffres affluent... « Nous étions, de mémoire, soixante-sept au départ de ces « Six jours de France », rappelle-t-elle. Au final, je me classe meilleure marcheuse, deuxième au scratch marche derrière un Italien, et 7e au général course-marche. Tout cela, c’est pour les souvenirs ! »
Voilà trois semaines que la pensionnaire de l’Entente Poitiers Athlé 86 est redescendue des hauteurs. Lui reviennent en mémoire cette inscription coup de cœur de juillet au rendez-vous auvergnat, ces neuf mois de préparation, ces séances dantesques de l’hiver, ces périodes de découragement et ces regains de vitalité à l’approche du Jour-J. « Contre l’avis de beaucoup, notamment de mon coach, Frédéric Barreda, j’ai décidé de m’aligner, fin février, sur les « France » 24 heures marche, puis d’enchaîner, mi-avril, avec les mêmes « France » 24 heures, mais cette fois-ci en course à pied, ma discipline de prédilection... Celle qui m’a valu, autrefois, des sélections en équipe nationale. »
Ce qui avait pu paraître « beaucoup » à son entourage a finalement permis de restaurer la confiance et d’évacuer les derniers doutes. Quatrième des deux épreuves, avec 171 et 183km au compteur, Karine a abordé la dernière ligne droite avec un mental à toute épreuve. Suffisant pour braver les vents contraires et entrer dans l’histoire. Un nouveau chapitre sera-t-il un jour écrit ? « A l’instant où je vous parle, je n’ai pas envie de renouveler l’expérience, c’est trop dur », susurre la recordwoman de France et d’Europe. Un jour peut-être...
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Frédéric Goujon. 54 ans. Habite Saint-Georges-lès-Baillargeaux. Cadre au sein du groupe Sorégies. Atteint de la maladie de Parkinson. A décidé de se battre et d’éveiller les consciences. Reliera Bordeaux à Toulouse à vélo, du 15 au 26 juin. Signe particulier : déterminé.