Aujourd'hui
Courir, c'est protéger ses cartilages
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A notre arrivée, l’hôte du jour paraît méfiant. Il a accepté de nous recevoir, mais Michel Dutarte reste sur la réserve. Peut-être nous a-t-il pris, dans un premier temps, pour d’énièmes marchands de tapis aux motivations douteuses. Puis, lorsque la conversation s’oriente enfin vers le sujet qui nous réunit, la raison de cette prudence s’explique. « Toute ma vie, j’ai acheté des vieux objets d’artisans, tout rouillés, délabrés », pose l’ancien garagiste de Saint-Sauveur. Avant de poursuivre : « Certains ont plus d’un siècle. En dessous de vos pieds, il y a un sacré pactole », souffle-t-il dans un premier sourire. Le retraité passe ses journées à lustrer et à retaper ses quelques mille et un locataires, avec un rêve en tête depuis quelques années : délocaliser son garage -savant mélange entre un sous-sol pavillonnaire et un petit musée- dans un lieu digne de ce nom, dans le département ou pas trop loin. Il faut quand même que Michel puisse apprécier ses lanternes à pétrole, ses balances en cuivre et autres rabots de menuisier quelques fois par semaine, et s’assurer que la collection construite en plus de trente ans d’emplettes dominicales est bien respectée. Jusque-là, Michel n’est pas parvenu à convaincre un élu de son grand projet. « J’en ai parlé au maire du village, il m’a ri au nez… Il faut dire que cela demande de l’espace, de la main-d’œuvre. » La mine déconfite, l’ancien mécano, qui a créé son garage dans le village en 1959, perd peu à peu espoir. « Je ne me fais plus tout jeune, et j’aimerais bien voir ce musée aboutir de mon vivant, mais je n’ai plus vraiment d’espoir. »
Menuisier, forgeron, tonnelier, vigneron. Depuis sa retraite prise en 1995, l’octogénaire s’échine à reconstituer la panoplie complète des métiers de l’artisanat : un métier, une époque, une façon de faire qui n’existe plus tout à fait. Mais attention à ne pas faire dans le trop récent. « Ce qui est exposé dans les brocantes aujourd’hui ne m’intéresse pas, c’est trop moderne. Regardez plutôt par là. » De vieux chalumeaux en cuivre tapent immédiatement dans l’œil, alignés sur une grande étagère en bois. Ils occupent une place un peu particulière. « J’ai commencé par les outils de forgeron, de vieilles tenailles, des pinces, des marteaux. Mon père était forgeron. » Au lieu de les voir partir, Michel les a gardés. Sans savoir, à l’époque, qu’ils deviendraient le cœur d’une collection qui ne cesserait plus de grandir. Plus loin, des balances anciennes, un pressoir à raisin, une baratte à beurre, des burettes estampillées SNCF, des lanternes de voitures à chevaux. En repartant du sous-sol, Michel glisse « Peut-être bien qu’avec votre journal, ma collection trouvera preneur. » Qui sait ?
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Frédéric Goujon. 54 ans. Habite Saint-Georges-lès-Baillargeaux. Cadre au sein du groupe Sorégies. Atteint de la maladie de Parkinson. A décidé de se battre et d’éveiller les consciences. Reliera Bordeaux à Toulouse à vélo, du 15 au 26 juin. Signe particulier : déterminé.