Courir, c'est protéger ses cartilages

Jean Fleuret, notre expert en course à pied, fait tomber quelques idées reçues cette semaine.

Arnault Varanne

Le7.info

Longtemps accusée d'user les articulations, la course à pied bénéficie aujourd'hui d'une réhabilitation scientifique indiscutable. En effet, les études scientifiques sont formelles : les coureurs récréatifs présentent un taux d'arthrose du genou inférieur à celui des sédentaires. 3,5% chez les coureurs contre 10,2% chez les inactifs. Le mécanisme est maintenant mieux compris. Le cartilage, tissu avasculaire, se nourrit par une sorte de pompage : la compression cyclique lors de la foulée favorise les échanges de nutriments entre le cartilage et l’os.

Cette adaptation du cartilage à la charge est dépendant de la charge appliquée. Une progression maîtrisée et progressive du volume d'entraînement permet au cartilage de se renforcer, à condition de respecter les fenêtres de récupération. La course à pied est un excellent médicament contre la douleur de l’arthrose du genou et de la hanche.

Le renforcement musculaire joue également un rôle indispensable. Des quadriceps et des ischio-jambiers forts réduisent les forces de cisaillement transmises au genou, agissant comme des amortisseurs dynamiques. Les moyens fessiers aident au contrôle des mouvements latéraux du genou.

Les protocoles combinant course et musculation montrent une meilleure tolérance et adaptation articulaire à long terme. Le risque existe, mais il concerne principalement les coureurs de l'élite, exposés à des charges extrêmes, ou des coureurs avec une biomécanique de course déficiente. Pour le reste, la course à pied, pratiquée intelligemment, est un allié du cartilage, pas son ennemi.

 

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