L'arrivée du mois de juin et avec elle les moissons des champs d'orge mettent en péril la survie des jeunes busards. Plus de quarante bénévoles de la LPO s'affairent durant la période estivale pour protéger les nids du rapace des machines agricoles et des prédateurs.

Pierre Bujeau

Le7.info

C'est un spectacle que seule la nature peut offrir. Il est à peine 8h lorsque Brune et Stefen s'approchent du nid d'une busarde cendrée, nichée au beau milieu d'un champ d'orge. Elle déploie son mètre d'envergure et s'envole, s'écartant de notre venue, persuadée peut-être que notre présence aurait pu lui être funeste. Or, c'est tout l'inverse. Si les deux bénévoles de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) ont entamé leur journée bien avant celle de leur emploi respectif, c'est précisément pour protéger les œufs du rapace. Sans l'intervention de l'homme, leur avenir ne serait que plus incertain. Équipé d'un grillage, de piquets en bois et de sardines, le binôme installe méthodiquement autour du nid un dispositif de protection. Celui-ci doit être suffisamment haut et visible pour que l'agriculteur puisse moissonner autour du périmètre d'un mètre carré, mais aussi solidement ancré pour qu'aucun renard ne puisse s'y glisser. « On a seulement un petit quart d'heure pour intervenir », insiste Simon Chapenoire, chargé de mission en ornithologie à la LPO Poitou-Charentes. Au-delà, la mère pourrait détecter la présence humaine et abandonner sa descendance. Durant la manœuvre, elle piaille, tournoie au-dessus des têtes, s'impatiente. Brune et Stefan s'éclipsent en prenant soin d'effacer leur passage. Mission accomplie. Quelques minutes plus tard, la mère a regagné son nid.


Un bastion local

Des opérations comme celle-ci, Simon les répète tout l'été pour veiller au maintien de l'espèce dans le département. « Dans la Vienne et les Deux-Sèvres, nous sommes le foyer principal du busard en France. On a une vraie responsabilité, d'autant que l'espèce connaît un déclin », indique-t-il, épaulé de quarante bénévoles. La faute, en partie, au réchauffement climatique et à des moissons de plus en plus précoces qui surprennent les nichées avant qu'elles ne soient prêtes à s'envoler. Car contrairement à de nombreux rapaces, le busard a toujours fait des vastes espaces ouverts son territoire. Face à la raréfaction des milieux naturels, l'espèce s'est progressivement adaptée aux grandes cultures. Depuis le milieu du XXe siècle, les champs d'orge et de blé sont devenus ses nouveaux refuges. Fragiles et, chaque année, un peu plus menacés.

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