Aujourd'hui
Inconséquence
L'édito de la semaine est signé Arnault Varanne.
C'est à Saint-Benoît, au campus des métiers, qu'a eu lieu la semaine dernière la 7e édition du Concours national du Meilleur Croissant au Beurre. Quel autre lieu que l'ex-capitale du Poitou-Charentes pour accueillir une édition 100% beurre Charentes-Poitou AOP ? Car il n'y a pas de bon croissant sans un bon beurre. « La France est l’un des derniers endroits au monde où l'on trouve encore des croissants nature. Le croissant, c'est avant tout le goût du beurre », affirme Dominique Anract, président de la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française. Mais la matière première, si parfaite soit-elle, ne fait pas tout. Derrière un produit qui peut sembler plutôt « classique », se cache un savoir-faire millimétré. « Avant toute chose, il y a un travail visuel », note Xavier Bordet, président du jury. Le feuilletage est-il régulier ? La coloration offre-t-elle une teinte dorée et homogène ? Autant de questions que se posent les examinateurs. « On recherche quelque chose de régulier et d'uniforme dans la plus pure tradition française. » Et pas cinq grammes de trop, au risque de s'exposer à des pénalités. « J'ai eu un temps de rendu d'une heure, j'ai débordé de cinq minutes. Pour moi, c'est cuit », peste Arnaud Desanglois venu du Vaucluse, en lice avec dix-neuf autres candidats.
Si l'apparence revêt une importance indéniable, le parfum l'est tout autant. Un bon croissant se doit d'attirer le consommateur par son odeur, et c'est un critère non négligeable. « La différence peut se faire sur un micro-détail, y compris la signature aromatique. Un parfum gourmand de beurre, c'est souvent le premier contact, avant même de voir le croissant », observe Gérald Biremont, Meilleur Ouvrier de France, fort de quarante ans d'expérience. Puis vient la mise en bouche. Lors de celle-ci, les jurés sont appelés à déguster les vingt croissants anonymisés, accompagnés de clients lambda dans l'enceinte du campus des métiers. « Parce que chacun a ses critères et qu’il faut aussi voir le croissant comme un produit du peuple. » Et ça, Lilian Pensuet, 21 ans, lauréat de l’édition 2025, ne le sait que trop bien. Après sa récompense, sa boulangerie « La Petite Catalane », à Villeneuve-de-la-Raho en Occitanie, a enregistré une nette hausse de fréquentation. Également champion de France junior du pain au chocolat l'an passé, Lilian a remis sa couronne à Dylan Delmaire, boulanger à Versailles, dans les Yvelines. « Terminer à la première place du podium est une grande fierté qui vient récompenser un long travail et la concrétisation de l'un de mes objectifs. » Un titre, une vitrine et, demain, une file d'attente. Pour Dylan Delmaire, l'avenir s'annonce sous le signe de la croissance.
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