Poitiers-Nantes, la lutte finale

Le PB86 et Nantes se disputent ce mardi soir une place pour la finale des barrages d’accession d’Elite. Quarante minutes pour entrer dans l’histoire au cours d’une série d’anthologie aux scenarii improbables. Un partout, balle au centre…

Arnault Varanne

Le7.info

« C’est l’histoire d’un club de basket ordinaire qui vit une fin de saison extraordinaire… »
Les communicants du Poitiers Basket 86 ont le sens de la formule… et de la mesure. Car le club repousse toutes les semaines ses propres limites, pour le plus grand plaisir de ses fans, avec un groupe au mental d’acier. Prenez Imanol Prot, l’enfant du club, auteur samedi d’un tir « un peu alléluia » -c’est lui qui le dit- à 0,1 seconde de la fin du temps réglementaire, samedi, dans une Trocardière médusée. Un tir synonyme de prolongation, puis de victoire sur Nantes Basket Hermine 
79-88, ap). Le minot a livré une feuille de stats exceptionnelle : 
19pts, 7rbds et 21 d’évaluation, trois records personnels « fracassés » en Loire-Atlantique et une adrénaline contagieuse à la clé.

Au matin de la belle face à Nantes, Poitiers est à quarante minutes d’une finale de play-offs d’Elite 2 historique. La dernière remonte à 2014 face à Bourg-en-Bresse. La prochaine pourrait se dessiner face à l’Elan Béarnais, un autre poids lourd du paysage français. Mais avant de se projeter trop loin, il y a donc une logique à faire respecter. Dans cette série d’anthologie, ni Poitiers ni Nantes n’ont réussi à s’imposer chez eux, emmenés à chaque fois en prolongation. « Il faudra cette fois éviter la prolongation, commentait Prot samedi soir au micro d'ici Poitou. Les forces des deux équipes, c’est la défense, mais il y a aussi du talent en attaque. » Ces deux équipes se ressemblent dans ce qu’elles font de (très) bien et dans le déchet qu’elles laissent en route. A l’aller, les Poitevins s’étaient fendus de dix-huit pertes de balle, au retour, Gassaud et Kangudia ont échoué cinq fois sur la ligne de réparation dans le money-time et gâché la belle avance de l’Hermine(*).

De l’extraordinaire 
à l’irrationnel ?

A quel scénario encore fou faut-il s’attendre dans une salle Jean-Pierre-Garnier dont on devine d’ici la fureur de vaincre ? « Ce que je constate, c’est que c’est la quatrième fois qu’on joue Nantes avec deux prolongations et des écarts de cinq et six points. A chaque fois, c’est serré, ça ne se joue pas à grand-chose. Et ça risque d’être encore chaud mardi », estime le coach du PB Andy Thornton-Jones. A force d’enchaîner, la fatigue fait forcément son effet, mais que peut-elle contre l’évidence de repousser encore un peu les vacances et donner à l’extraordinaire une dimension irrationnelle ? 


« Peu importe comment ça se termine... »

« Trois prolongations en cinq matchs, des retournements de situation de partout... Peut-être que ce soir (samedi, ndlr), c'est le climax de tout ça, mais peut-être qu'en fait, il reste encore plein de choses à vivre derrière, savoure le manager général du Poitiers Basket, l’un des artisans de cette folle saison. L’équipe et le staff n'abandonnent jamais, ils ont le talent et la ténacité, la pugnacité pour aller chercher ces scénarios-là aussi. Peu importe comment ça se termine, ces play-offs resteront dans l’histoire du club et le tir est peut-être déjà dans la légende. » Le « GM » du PB demande à Saint-Eloi de pousser très fort derrière les joueurs pour mettre l’Hermine définitivement sous l’éteignoir. 


(*)Nantes pourrait être privé ce mardi de Dylan Van Eycke, blessé aux ischio-jambiers samedi soir. L'ailier néerlandais avait rentré le tir de la gagne mardi dernier en prolongation.

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