Aujourd'hui
Inconséquence
L'édito de la semaine est signé Arnault Varanne.
Avec le retour des beaux jours, il est tentant de dire aux enfants de sortir de la maison, d’aller jouer dehors, de s’aérer. Après des mois passés à l’intérieur, on s’étonne que les enfants ne se hâtent pas à l’idée de retrouver le jardin ou la nature. Pourquoi ? Bien souvent, cette invitation à sortir est en fait une injonction qui cache assez mal le besoin du parent de faire une pause. Cette réalité n’échappe pas aux enfants qui, dans une attitude réflexe, préfèrent rester dans le périmètre du parent. Ceci agace d’autant plus les adultes qui confondent jeux extérieurs et tranquillité intérieure. Car, comme je l’ai déjà expliqué dans un article précédent, les enfants préféreront toujours une connexion « inadaptée » à une absence de lien. Ils feront toujours le choix de la proximité car elle répond à leur besoin de temps privilégié avec leur parent.
Alors, quelle place peut avoir l’adulte dans les jeux extérieurs ? Les parents peuvent motiver l’enfant à sortir, mais en étant eux-mêmes un modèle : c’est-à-dire en sortant et en prenant plaisir à le faire. Car le parent est la première référence des enfants entre 3 et 12 ans. Une étude présentée par le site Naître et Grandir(*) a mis en évidence que les enfants jouent davantage dehors quand les parents sont présents, qu’ils valorisent l’activité pratiquée et qu’ils n’ont pas une attitude trop restrictive face au risque de ces jeux. Or, si la majorité des parents ayant participé à cette étude estiment que les enfants devraient être autorisés à grimper aux arbres, la proportion de ceux qui laissent leur progéniture réellement grimper est beaucoup plus faible.
Ainsi, la posture parentale sécurisante s’appuie sur plusieurs critères : encourager tout en assurant la sécurité, favoriser le jeu libre, l’exploration, accompagner sans surprotéger, informer et rassurer. Enfin, le temps passé à l'extérieur est l’occasion idéale de créer des souvenirs positifs et de renforcer les liens familiaux. C’est un contexte propice aux petites confidences, à la créativité et à la rêverie. Ce sont des moments emplis d’émotions puissantes, dès lors que le parent favorise l’autonomie de son enfant, qu’il l’assure de sa confiance, sous une supervision discrète. Aussi, je n’ai qu’un seul conseil à vous donner : allez-y, profitez à fond de ces bulles de proximité affective, et en route pour la fabrique de souvenirs heureux et indélébiles !
(*)A partir de travaux de recherche réalisés par Guylaine Chabot, professeure en sciences de la santé à l’université du Québec en Outaouais.
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