Pau repousse l'échéance

Devant au tableau d’affichage pendant près de trente minutes, les Poitevins s’inclinent pour leur dernière sortie devant leur public face à Pau (72-81). Rendez-vous jeudi pour le dénouement de la saison, cette fois dans le Béarn.

Pierre Bujeau

Le7.info

Ce ne sera pas pour ce soir. Et pourtant, l'équipe poitevine y aura cru. Et avec elle les 5 200 supporters rassemblés une dernière fois cette saison, à l'Arena Futuroscope, qui avait sorti ses habits de fête. Dans les travées, plusieurs figures marquantes du basket tricolore avaient répondu présent : Joseph Gomis, adjoint de l'équipe de France et de l'Asvel, Moustapha Fall, enfant du club passé par Poitiers avant de rayonner jusqu'à l'Olympiakos, Serge Krakowiack, kiné des Bleus, Ruddy Nelhomme, ancien coach emblématique du PB, Adrien Tallec, ex-directeur administratif du club... Un parterre à la hauteur de l'événement pour une soirée qui pouvait signer le retour de Poitiers dans l'élite du basket français. Mais Pau, giflé vendredi dans son palais des sports (82-106), a finalement repoussé l'échéance et privé les Poitevins d’une soirée en apothéose. 

Longtemps, pourtant, les hommes d'Andy Thornton-Jones ont semblé tenir le bon bout. Dès les premiers échanges, le cinq aligné a imposé une intensité défensive remarquable et surtout dominé le secteur du rebond. Une emprise qui leur a offert de nombreuses secondes chances et permis de prendre les commandes de la rencontre dans le deuxième acte.  L'écart en leur faveur a culminé à neuf longueurs. Narcisse Ngoy est trouvé dans l’intérieur, ce dernier n’en demande pas tant pour faire parler sa puissance (13pts, 14rbds). Et comment ne pas revenir sur la performance de Samuel Idowu ? Décidément, chacun de ses Poitevins parvient à tirer son épingle du jeu dans ces play-offs. Cette fois-ci vous l’aurez compris, c'est au tour de l'Anglo-Nigérian. De retour de blessure après avoir manqué deux mois et demi de compétition, il a transcendé l'Arena au fil de ses flèches longues distances (7 tentatives pour 3 converties). Trois points, encore trois points- 5 sur 16 à longue distance pour les Poitevins face à un 1 sur 14 côté béarnais, soit 7% de réussite dans le premier acte. Pau hésite, recule, tremble au moment fatidique.

Pau le retour

Au retour des vestiaires, l'Élan Béarnais a retrouvé son adresse extérieure. Pinault, Mballa puis Cornely ont progressivement inversé la dynamique. En quelques minutes, l'écart s'est évaporé. Là où Poitiers dominait les débats en première période, Pau a commencé à dicter le rythme grâce à ses transitions rapides et à une adresse retrouvée. En quelques minutes, le match a changé de visage. Poitiers a encaissé un 18-25 dans ce troisième quart-temps, repoussé très loin du panier par des Béarnais irreprochables d'abnégation. Pour autant, le PB86 n'a jamais rompu. Même lorsque les visiteurs semblaient prendre l'ascendant psychologique, les Poitevins ont trouvé les ressources pour revenir au contact. Aurèle Brena-Chemille, le sang-froid incarné, a grappillé des points précieux, Ngoy revient sur le parquet avec un contre retentissant. 63-65 à l'entame du dernier acte. Tout reste ouvert. Mais une paire est bien décidée à faire pencher la balance côté béranis. Cornelly-Raharimanan font exploser les compteurs côté palois, construisant méthodiquement un écart que les tirs primés d’Harley et de Gommis ne suffisent à combler. Score final : 72-81.  Une défaite, donc mais pas capitulation. Jeudi, au palais des qports de Pau, tout recommence à zéro. Une victoire partout, une belle à disputer. Seule ombre au tableau du côté de Pau : la sortie sur blessure de l'intérieur malgache Sitraka dans les deux dernières minutes, dont l'état physique inquiète à l'approche de l'acte décisif.

 

 

À lire aussi ...