Le Régime d’infanterie-chars de marine (RICM) s’est implanté à Poitiers en 1996, en provenance de Vannes,
et a généré depuis d’innombrables retombées socioéconomiques. Les marsouins apprécient la ville, et réciproquement.
De l’extérieur, on aperçoit les grues tournoyer dans le ciel. Deux bâtiments sont en cours de construction dans l’enceinte du RICM, rue Jean-Mermoz. Près de deux cents marsouins y prendront bientôt leurs quartiers dans des chambres plus adaptées et mieux isolées, avec des espaces communs… Qu’on se le dise, le Régiment d’infanterie-chars de marine se projette à Poitiers, trois décennies après son arrivée, diversement appréciée en provenance de Vannes, et à l’initiative de l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Le week-end dernier, plusieurs milliers de Poitevins ont
(re)découvert le régiment le
plus décoré de France, assisté à des démonstrations, échangé avec les militaires… « Cette ouverture sur la cité est importante car c’est l’armée de la Nation, estime Geoffrey de Hauteclocque, chef de corps du RICM. Derrière, il y a des enjeux de compréhension des choix politiques, de cohésion nationale, de recrutement et d’image. »
Faire souche
L’air de rien, le RICM pèse de tout son poids dans le paysage socio-économique de la Vienne. Près de 7 000 militaires seraient passés dans ses rangs en trente ans, dont 3 000 sont restés vivre dans le département. Dans le jargon militaire, on appelle ça « faire souche ». A l’instant T,
réservistes compris, le régiment compte 950 hommes (5% de femmes seulement). « J’estime qu’avec les soldes et les primes, cela représente 1,2Md€ injecté sur le territoire en trente ans », devise Geoffrey de Hauteclocque. Au-delà, l’entretien des espaces verts, d’une partie des véhicules du régiment et d’autres prestations (restauration…) sont assurés par des prestataires extérieurs. Derrière les soldats appelés en opération sur le territoire national ou étranger -jusqu’à deux cents jours par an-, il y a des conjointes et quelques conjoints -250 estimés- « qui travaillent dans l’enseignement, la santé, le droit… » Sans compter les enfants, âgés en moyenne de 11 ans, dont le chef de corps estime le nombre à 450. « Un groupe scolaire. »
Passerelle
« Aujourd’hui, l’intégration du RICM à la ville est assez exceptionnelle, abonde le colonel de Hauteclocque, parce qu’il y a de l’emploi pour nos épouses, des écoles pour nos enfants et que les gens sont très agréables ». Bref, aucune raison de voir les marsouins
« déserter », comme ce fut le cas à la fin des années 90 « par souci de rééquilibrage géographique ». Au fil des décennies, des liens se sont tissés avec les milieux associatifs et économiques. Plusieurs élus de l’agglo sont d’ailleurs réservistes et l’association Les Amis du RICM constitue « un bon relais entre carrières militaire et civile ». L’arrivée des trente premiers jeunes en service national, dès novembre, va encore un peu plus ancrer le régiment dans la ville, sachant qu’un nouveau bâtiment sortira de terre en 2028, de l’autre côté de la rue Jean-Mermoz, pour accueillir
« cent jeunes ». Le chef de corps ne le verra pas. Il quittera ses fonctions le 17 juillet, direction Lille.