L’association des maires de la Vienne a réalisé une consultation auprès des nouveaux et anciens élus lors des dernières municipales. Une majorité d’entre eux passent en moyenne près de 29 heures par semaine dans l’exercice de leurs fonctions.
Le 30 mai, l’Association des maires de la Vienne (AMF 86) et le Département ont réuni près de 1 350 élus à l’Arena Futuroscope. Objectif de la journée : « leur délivrer un peu une boîte à outils, tant sur les actions du Département que de l’Etat et de l’AMF qui est leur porte-parole et les défend »,
dixit Jérôme Neveux, maire de Jaunay-Marigny et président de l’AMF 86. Les élus des 15 et 22 mars 2026 ne sont pas tous nouveaux, loin de là. Selon un sondage réalisé par l’association(*), 43% d’entre eux « seulement » entament leur premier mandat. Les autres chiffres à retenir…
26,4%. Le poste de maire reste très largement préempté par la gent masculine, puisqu’à peine un maire sur quatre est une femme. Cependant, leur nombre ne cesse de croître au fil des mandats : 39 en 2008, 59 en 2014, 54 en 2020 et 70 cette année.
60,1. Soit l’âge moyen des premiers magistrats du département, légèrement supérieur à celui de 2020 (59,8 ans). 101 ont entre 60 et 69 ans et 80 entre 50 et 59 ans. Seuls deux maires ont moins de 30 ans. C’est le cas de Benjamin Couton (26 ans), à la tête de Migné-Auxances, qui avait répondu aux questions de la rédaction en compagnie du maire le plus ancien dans la fonction, Gilbert Beaujaneau, 43 ans de mandat à Nieuil-l’Espoir. Un entretien à retrouver dans le numéro 720.
Action utile
103. Logiquement, les retraités arrivent en tête des catégories socioprofessionnelles les plus représentées, largement devant les cadres et professions intellectuelles supérieures (55) et professions intermédiaires (36). Les ouvriers ferment la marche avec seulement 6 représentants. Si 37,1% des maires n’ont plus d’activité professionnelle, 30,8% d’entre eux exercent encore à temps plein. D’ailleurs, la moitié des répondants estiment qu’une adaptation de leur temps de travail est « certainement » ou
« probablement » nécessaire.
28,9. En moyenne, il s’agit du nombre d’heures passées chaque semaine par les maires sur le terrain. Une disponibilité importante qui n’affecte visiblement pas la vie familiale et professionnelle des élus : 55,9% ne constatent aucun effet, ni positif ni négatif.
46,8. Voilà un chiffre qui va à rebours du déclinisme actuel. Près d’un maire sur deux juge positive l'évolution de sa commune au cours des cinq dernières années. Ils ne sont que 5% des répondants à parler de forte dégradation. Bref, les maires s’engagent ou se réengagent parce qu’ils ont le sentiment que leur action est utile.
90,9%. Sans grande surprise, plus de neuf maires sur dix estiment que le sujet de l’accès aux services de santé occupera une place « très » ou « assez » importante au cours de leur mandat. Au-delà de ce seul sujet, le maintien des classes, voire des écoles, la baisse des dotations ou subventions, les services publics et le cadre de vie, la cohésion sociale ou encore le poids des normes ou de l’administration arrivent au sommet de leurs préoccupations. D’ailleurs, en cas de difficultés budgétaires, 48,9% n’hésiteraient pas à tailler dans les dépenses liées aux espaces verts et 32,1% dans le budget culture.
« Trouver sa place »
On l’oublie souvent, mais un maire n’est pas qu’un élu au service de ses administrés et chef d’orchestre d’une équipe municipale. « Il est aussi employeur territorial avec des contraintes, rappelle Lucie Bébin-Brossard, directrice de l’AMF 86. Un élu qui arrive doit trouver sa place, ne pas faire le travail du service ou de l’agent mais orienter, impulser. »
(*)143 maires ont répondu au questionnaire sur 265 communes.