Pensée comme un lieu de vie et de rencontre, la place de Bretagne est aujourd'hui au cœur des tensions aux Couronneries, à Poitiers Bruit, regroupements nocturnes et sentiment d'abandon opposent une partie des riverains aux usagers de cet espace devenu incontournable. Face à la grogne, la Ville déploie un dispositif renforcé.
Avant même l'arrivée d'Anthony Brottier et des élus, les habitants libèrent leurs émotions. « C'est devenu invivable ! »
scande Maryse. « Au moment d'ouvrir ma fenêtre, j'ai des angoisses », lâche Yvette. « Je ne peux même plus écouter la télé », achève Alain. Tous vivent depuis plus de vingt ans dans l'immeuble qui surplombe la place de Bretagne, au cœur des Couronneries, à Poitiers. Et tous s'accordent à dire n'avoir jamais subi autant de nuisances. D'abord sonores : « Il y a des regroupements tout l'été, jusqu'à tard dans la nuit. De 16h à 20h, ce sont des enfants. Après, ce sont les plus grands avec des tirs de mortier et des scooters », explique une habitante. Puis vient l'insalubrité, avec des déchets plastiques qui s’amoncellent
« un peu partout », selon leurs dires. Ces nuisances coïncident avec la réhabilitation de la place en aire partagée, dont l'objectif affiché par Grand Poitiers en 2019 était de « favoriser l'attractivité résidentielle du quartier en assurant la mixité sociale ». Force est de constater que le pari est réussi, peut-être même trop. « La place est victime de son succès : il peut y avoir jusqu'à 300 ou 400 personnes par soirée », observe Adrien Beaupoux, médiateur-coordinateur du Collectif Médiation Grand Poitiers aux Couronneries.
Un été partagé
aux Couronneries
La nouvelle municipalité a donc du pain sur la planche, mais entend bien ne pas laisser le sujet sous le tapis. Jeudi dernier, Anthony Brottier a tenu à rencontrer les riverains, accompagné d'adjoints et de conseillers municipaux, pour détailler un dispositif renforcé. Objectif : améliorer la tranquillité publique. « Les équipes de médiation de la Ville sont mobilisées depuis le mois de mai, avec des horaires étendus jusqu'à minuit. En parallèle, la police municipale assure depuis le début du mois une présence renforcée en soirée jusqu'à 23h30 », détaille l’édile. Outre cette présence accrue, l'équipe municipale déploie un programme d'animations baptisé « Un été partagé aux Couronneries ». Si l'intitulé tient du doux rêve pour certains riverains, la municipalité se donne les moyens de ses ambitions. Le plan prévoit des activités gratuites tout l'été, accessibles aux familles et aux enfants, dans le cadre du Fonds d'initiatives pour les quartiers de la Ville de Poitiers, doté de 50 000€. Très concrètement, l'Ufolep, le Stade poitevin et le CEP seront présents jusqu’en septembre. D'autres animations culturelles à portée intergénérationnelle sont prévues dans différents lieux des Couronneries, afin de mieux répartir les publics. « On verra ce que ça donnera. Au moins, on se sent plus écoutés », souffle Chantal, une habitante.