Les détenus de la Structure d'accompagnement vers la sortie (SAS) de la prison de Vivonne ont participé la semaine dernière à un job dating destiné à faciliter leur retour à l'emploi. Une initiative qui vise à favoriser leur réinsertion dans la société.
Les jobs datings s'invitent partout. Après les terrains de volley, de tennis et de rugby, c'est la prison qui ouvre ses portes. Si l'idée peut surprendre de prime abord, elle apparaît pourtant frappée au coin du bon sens pour l'ensemble des parties prenantes réunies le 8 juin à la Pierre-Levée, à Poitiers. « Nous avons des besoins sur différents postes de manœuvre ou de maintenance dans les travaux publics, expose David Picaud, gérant de la société MATP. Les détenus ont des compétences et des expériences. Ils ont droit à une seconde chance. » Car pour les détenus en semi-liberté, cet emploi représente une voie vers la réinsertion, mais aussi et surtout vers la
« sortie ». A l'étude de leur dossier, une promesse d'embauche ou une demande d'immersion professionnelle sera inévitablement appréciée par le juge d'application des peines. Mais ce n’est pas que « ça ». « L'emploi permet d'avoir un cadre, des horaires et d'éviter de retomber dans les mauvaises fréquentations », témoigne Attoumani, déterminé à reconstruire sa vie dehors. Comme lui, beaucoup de ses camarades ont apprécié cet événement organisé conjointement par France Travail et l'Ufolep, qui a réuni des demandeurs d'emploi et six employeurs autour d'un match de football. « Ça permet aux entreprises de nous voir comme des personnes normales. Et on échange plus facilement après un moment partagé ensemble »,
confirme Henri, 23 ans, qui vient de terminer son entretien avec l'agence d'intérim LIP.
Une passerelle
vers la sortie
Ouverte en 2020, la Structure d’accompagnement vers la sortie dispose de 55 places, dont 23 réservées aux détenus en semi-liberté. Elle guide des personnes en fin de peine dans leurs démarches administratives, leur recherche de logement et leur retour vers l'emploi. « Elles ont compris que cette action constitue une main tendue vers la sortie et une réelle chance », souligne Laurent Cachau, directeur par intérim du centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne. Une chance rare. Selon l'Observatoire international des prisons, les SAS représentent un peu plus de
2 000 places, alors que la France compte plus de 80 000 détenus. Un enjeu majeur lorsque l'on sait que, selon le ministère de la Justice, entre 50 et 70% des détenus récidivent à leur sortie de prison. « Nous recevons leur candidature sous forme de dossier et statuons selon des critères précis, s'ils sont en capacité d’intégrer le dispositif »,
précise Daniel Jarillon responsable de la SAS. Parmi ces critères : une peine égale ou inférieure à deux ans, un faible risque d'évasion et un besoin d'accompagnement soutenu.