Secourir autrement

Lassé des formations en secourisme jugées trop théoriques, Maxime Dessoliers a créé son organisme de formation centré sur la mise en pratique et la confiance en soi.

Pierre Bujeau

Le7.info

De ses multiples formations en secourisme, Maxime Dessoliers est ressorti avec des enseignements, mais surtout une conviction : les méthodes d'apprentissage actuelles sont dépassées. Pire encore, elles ne rempliraient pas leur rôle premier, sauver des vies. « Les méthodes de validation ne sont pas du tout adaptées. Plus de 90% des gens n'arrivent pas à agir sur le terrain parce qu'ils ont peur de mal faire », affirme-t-il. Sapeur-pompier de formation, il a forgé sa réflexion entre terrain et apprentissage académique, en se documentant sur les neurosciences et en multipliant les formations conventionnelles pour mieux s'en affranchir. Depuis deux ans, il en a fait son métier, sillonnant la France porté par deux passions complémentaires : 
la formation et le secourisme. Si la première s'est construite au fil de ses années à la Sécurité civile et d'une mission humanitaire en Ukraine, la seconde relève presque de l'inné. « J'ai cette fibre-là en moi. Quand j'ai découvert la formation, j'ai su très vite que j'allais en faire mon métier », confie le Poitevin. Il exerce aujourd'hui à temps plein en tant que sauveteur secouriste du travail (SST), certifié par le réseau Assurance Maladie-Risques Professionnels. Une motivation qu'il met au service d'un changement de paradigme.

Faire confiance 
pour sauver

« Passer du savoir au savoir-faire. » Si la démarche de Maxime avait un slogan, ce serait peut-être celui-là. Exit les heures d'écoute et les discours récités sur un manuel d'instruction. « Si je fais un cours d'une heure et demie sur la réanimation, et qu'après l’apprenant est face à une victime, il va se bloquer. Combien de compressions ? Quel timing ? 
Et il n’agira plus. » La théorie passe donc au second plan. Les situations sont recréées en conditions réelles, parfois à l'improviste. « Je prépare des petites scènes avec certains participants. À un moment, quelqu'un fait semblant de tomber dans les escaliers, et tout le monde doit réagir. » Vient ensuite le débriefing. Et bien souvent les apprenants font exactement ce qu'il faut. L'objectif, via ces exercices, est de casser les barrières qui entravent le passage à l'action. « Quand les gens sont dos au mur, sans trop réfléchir, ils trouvent les ressources. Et ils font beaucoup mieux que quand ils essaient de se souvenir d'un cours. » Car le principal frein, Maxime le répète, est psychologique. Et il ne mâche pas ses mots. « Il vaut mieux faire, même imparfaitement, que ne rien faire. Casser des côtes pendant un massage cardiaque, c'est toujours mieux que de laisser quelqu'un mourir. » 
En matière de secourisme, l'hésitation peut coûter une vie. Lui a choisi son camp.

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