Administrateur de l’UFC-Que Choisir, Frédéric Siuda évoque cette semaine les messages de prévention qui ponctuent les publicités. Sont-ils vraiment nécessaires ?
Aujourd’hui, les publicités pour les voitures sont suivies de conseils pour une mobilité alternative à « la bagnole » : « pensez à covoiturer » ou « pour les trajets courts, privilégiez la marche ou le vélo », ou encore « au quotidien, prenez les transports en commun ». Les plus anciens ont connu le « petit clic (qui) vaut mieux qu’un grand choc », pour la ceinture de sécurité. Question conseils, nous sommes servis !
Nous connaissions déjà « manger-bouger » ou « évitez de grignoter entre les repas » en matière alimentaire, puis « un crédit vous engage et doit être remboursé » en matière de capacités financières, ou encore « jouer comporte des risques d’endettement » dans le domaine des paris, sans parler du mortel « fumer tue ». Ces mentions légales, issues de campagnes gouvernementales, sont censées nous protéger. Mais prend-on le consommateur pour un naïf qui ignorerait qu’emprunter débouche forcément sur des mensualités ?
Il y aurait une sorte de faiblesse de l’individu qui négligerait les conséquences de ses actes. Ce phénomène porte un nom : l’acrasie. Le fumeur sait que le cancer le guette, mais ne peut s’empêcher d’allumer sa cigarette. Alors, dissuasif ce conseil ? Pas sûr, c’est plus l’augmentation du prix du paquet qui fait diminuer le tabagisme. Mais pour les autres mentions citées, qui font appel aux comportements quotidiens, je doute de leur portée, d’autant que face à ces bons conseils se dresse souvent le marketing de puissants lobbies moins bien intentionnés à notre égard.