L'édito de la semaine est signé Arnault Varanne.
La canicule qui s’abat depuis plusieurs jours sur la France, en particulier dans la Vienne, nous rappelle, s’il le fallait encore, les effets notoires du dérèglement climatique. Record historique de chaleur en mai, record à venir en juin, nouvelles vagues de chaleur attendues cet été… Peut-on dépeindre tableau plus noir ? Oui, si on y ajoute toutes les personnes en état de faiblesse qui risquent leur vie chaque jour, sans hélas pouvoir lutter faute de domicile climatisé ou a minima réfrigéré. La canicule de 2003 et ses
15 000 morts ont, à l’époque, agi comme un électrochoc. Une journée de solidarité avec les personnes âgées a même été créée. Mais on est passé de l’extraordinaire à l’ordinaire, de l’exceptionnel à l’habituel. Les plans de résilience ou d’adaptation les plus robustes ne peuvent pas lutter contre les racines du
« mal », tout juste peuvent-ils prévenir quelques situations de détresse supplémentaires. Nos vies vont changer, durablement, dans les décennies à venir. « Qui aurait pu prédire la crise climatique ? », avait lancé très maladroitement Emmanuel Macron lors de ses vœux en 2023. La question ne se pose plus.