Le Regard de la semaine est signé Guillaume Philippe.
Il y a des villes que l’on traverse. Et puis il y a celles qui nous traversent. Poitiers fait partie de celles-là. Une ville que l’on croit connaître parce qu’on en parcourt les rues, parce qu’on en reconnaît les façades, les places... Mais Poitiers ne se livre jamais complètement. Elle se découvre par fragments, par souvenirs, par détours. Elle se mérite. C’est ici que j’ai rencontré, il y a presque vingt ans, certains de mes meilleurs amis. Ceux avec qui l’on partage bien plus que des soirées ou des bancs d’amphi :
des années fondatrices, des rires, des doutes, des élans, des bouts de jeunesse que l’on garde au fond de soi.
Poitiers, c’est aussi la ville où j’ai grandi autrement. Grâce à des grands-parents par alliance qui m’ont emmené partout, qui m’ont appris à regarder, à écouter, à comprendre ce que racontent les lieux, tout en respectant celles et ceux qui les font vivre : les habitants, les commerçants, les passants. Avec eux, une promenade pouvait devenir une leçon de vie, une leçon d’histoire.
Poitiers est une ville d’histoire. Mais elle est aussi, profondément, une ville de mon histoire. Ville d’amour, d’abord. Ville des rencontres qui bouleversent, des chemins que l’on ne pensait pas emprunter (même à vélo !), des hasards qui n’en sont peut-être pas. Ville où l’on aime, où l’on se construit. Ville de naissance, aussi, celle de mon fils. Et cela change tout. À partir du moment où un enfant naît quelque part, ce lieu cesse d’être seulement une ville. Il devient une racine. Poitiers, c’est aussi, bien sûr, la ville d’Aliénor, à qui j’ai déjà rendu hommage. La ville des grands récits, des duchés, des palais, des églises romanes, des passages secrets, des escaliers qui semblent mener vers d’autres siècles. Mais ce serait une erreur de la réduire à son passé. Sa beauté tient justement à ce mélange rare : une majesté ancienne et une pudeur contemporaine. Et c’est peut-être pour cela que je l’aime tant.
Poitiers est une ville de beauté, une ville de mémoire. Mais pour moi, elle est surtout une ville intime. Elle est le théâtre de mes commencements, de mes amours, de mes transmissions. On parle souvent des villes où l’on habite. Mais certaines villes, en vérité, nous habitent. Poitiers m’habite. Pour ce dernier Regard, je voulais rendre hommage à Poitiers, à ses habitantes et ses habitants, à celles et ceux qui la font vivre chaque jour, parfois discrètement, souvent passionnément. Et je voulais aussi remercier Le 7 de m’avoir offert, mois après mois, cet espace rare : celui d’une parole libre et personnelle.
CV express
Entrepreneur engagé, circulaire et solidaire. Après un début de carrière dans l’événementiel de la mode, j’ai choisi d’accompagner les acteurs engagés vers des pratiques responsables, en me spécialisant dans la communication bas carbone. Aujourd’hui, je développe des événements créatifs et durables pour promouvoir notamment une mode plus éthique et sensibiliser le grand public comme les professionnels.
J’aime : passer du temps en famille, la musique classique, les livres et les podcasts d’histoire, flâner en centre-ville de Poitiers, le triathlon (passion naissante !).
J’aime pas : la guerre, la fast et l’ultra fast-fashion, les râleurs, les clichés, attendre !