Dans Deviens génial, Manu Payet embarque sa classe de 3e dans un périple en Allemagne où rien ne se passe comme prévu.
Et vous, jusqu’où seriez-vous prêts à aller pour passer du temps avec vos enfants ? Mathias a, lui, opté pour l’Allemagne. Ce professeur divorcé vient enfin d'obtenir sa mutation dans le collège de sa fille, Margaux. Pourtant, à peine arrivé, on lui apprend que sa classe d'allemand va fermer, faute d'inscrits. Il décide alors d'organiser un voyage en Allemagne pour motiver les adolescents à choisir cette langue. Pour le financer, il fait appel à Iris, la responsable du comité de jumelage local. Seulement, il y a un petit souci : Mathias est professeur d'espagnol. Cette comédie française signée Léo Grandperret entraîne le spectateur dans un voyage scolaire à travers l’Allemagne où les imprévus et les mensonges s'enchaînent. Mathias, interprété par Manu Payet, livre une prestation plutôt réussie oscillant entre situations comiques et moments plus émouvants. Le personnage d’Iris (Melha Beda) enchaîne les maladresses et renforce le côté potache du long-métrage. Les clichés sur l’Allemagne et l’amitié franco-allemande ne manquent pas non plus de faire sourire. Le mensonge occupe une place centrale puisque Mathias est obligé de redoubler d’imagination et de ruse. Les moments où il tente de parler allemand devant sa classe sont certainement les passages les plus drôles du film.
Un potentiel
peu exploité
Outre la comédie, le film essaie d’aborder les rapports parents-enfants à travers la relation entre Margaux et son père. Cependant, la thématique reste sous-exploitée, d’où une certaine frustration. Un manque de profondeur se fait clairement ressentir. De plus, la comédie souffre d’une sensation de déjà-vu. Les différents gags s’enchaînent mais restent, pour la plupart, très prévisibles. Le spectateur n’est que trop rarement surpris par l’intrigue. L’œuvre manque également de fluidité avec certains passages qui traînent en longueur. Outre Manu Payet et Melha Beda qui tirent leur épingle du jeu, les autres personnages demeurent très en retrait. Les enfants sont peu incarnés et on s'y attache donc peu. La réalisation est, quant à elle, très classique avec des paysages allemands en retrait. Malgré tout, Deviens génial réussit à terminer sur une note plutôt émouvante sublimée par le morceau éponyme de Vald, qui reste en tête même après la séance. Il contraste avec une bande-originale assez discrète dans l’ensemble. En dépit d’un vrai potentiel et de quelques séquences réussies, cette comédie laisse finalement une impression plutôt mitigée.