Andy Thornton-Jones : « Cette année, on est sur un nouveau de cycle »

Un nouveau staff, une équipe largement renouvelée et une politique toujours tournée vers le développement des jeunes joueurs : Andy Thornton-Jones aborde cette nouvelle saison avec un effectif qui marque, selon lui, « un nouveau cycle ». L’entraîneur du PB86 revient sur les coulisses de la constitution de son staff, le recrutement des jeunes et le turnover de la période estivale.

Pierre Bujeau

Le7.info

Votre staff a beaucoup évolué cet été. Comment avez-vous construit cette nouvelle équipe autour de vous ?

"L’histoire de Vincent est assez rigolote. Son agent m’a conseillé de l’appeler en février pour lui donner quelques conseils sur la suite de sa carrière. On s’est donc parlé et il s’est déplacé pour qu’on puisse discuter. À ce moment-là, je ne savais pas encore qu’Arthur Boisson (coach assistant) allait partir. On a pas mal discuté, on a bien accroché et, lorsque j’ai appris le départ d’Arthur, j’ai pensé à Vincent Pinho. C’est donc un peu un hasard, une opportunité. Avant cela, on ne se connaissait pas du tout."

Son manque d’expérience en Pro B ne vous a pas freiné ?

"Non, parce qu’il a déjà une vraie expérience de coach. Il a été entraîneur principal à Montpellier en National 2 pendant cinq ans et il a réussi à maintenir son équipe durant ces cinq saisons. À son âge, c’est une expérience intéressante. Pour Bastien Grenier (responsable performance), c’était différent. On savait assez tôt qu’Alexandre Schutz allait partir à l’ASVEL. On avait donc rencontré cinq ou six préparateurs physiques. On a fait des visioconférences avec les différents candidats et on a très bien matché avec Bastien. Le staff était finalement constitué au mois de mai."

Comment cette nouvelle équipe s’est-elle construite ?

"La construction de l’équipe a été très longue. Ça a été très long à se dessiner et ce n’était pas un recrutement facile cette année. On avait pas mal d’incertitudes concernant les joueurs qui étaient déjà chez nous, donc il y avait beaucoup d’inconnues. Concernant les jeunes joueurs que nous avons recrutés, nous faisons un vrai travail de détection des jeunes Français tout en conservant une colonne vertébrale d'ancien joueur."

Comment fonctionne cette détection ?

"C’est nous qui évaluons les joueurs. Matthys et Kenny arrivent de l’INSEP et du Centre fédéral, qui réunit les meilleurs joueurs de chaque génération. Ce sont deux internationaux jeunes que nous connaissons et que nous suivons depuis longtemps. Nous nous déplaçons plusieurs fois dans l’année à l’INSEP pour voir les entraînements et évaluer les joueurs. Nous les voyons également avec les équipes de France. Certains, nous les connaissons même depuis les catégories minimes. On les a vus grandir. Mais il y a deux choses : d’abord, évaluer un joueur et se dire qu’on aimerait travailler avec lui. Ensuite, il faut réussir à le faire venir, parce qu’on n’est pas les seuls à vouloir ces joueurs. Il faut donc les convaincre que venir à Poitiers peut être une bonne opportunité pour eux et que cela peut s’inscrire dans leur plan de carrière. On leur explique ce que l’on va faire avec eux, comment on va travailler, ce que l’on attend d’eux et où on veut les amener."

Beaucoup de jeunes joueurs présentent Poitiers comme un club qui sait les faire progresser et leur donner leur chance. C’est devenu une véritable marque de fabrique ?

"Je pense que c’est quelque chose qui a historiquement été fait au PB86, à l’époque de Gregory Thiélin et de Ruddy Nelhomme. Quand j’ai regroupé l’équipe en AC1, ma première année, j’avais déjà deux joueurs de 19 ans dans mon équipe qui avaient des rôles et que nous avons développés. On a toujours fait ça et on a encore accentué cette politique avec le temps. Avec la remontée en Pro B, dès la première année, on l’a fait avec Guillaume Eyango et Imanol Prot. On l’a poursuivie avec Ilan Fibleuil, Aurel Brena-Chemille, puis avec Narcisse Ngoy et Sumaïla Koita. Ça fait donc partie de notre politique et de notre façon de voir une équipe."

Mais cette politique implique aussi de voir partir les joueurs que vous avez contribué à faire progresser. Est-ce frustrant ?

"C'est la rançon de la gloire. Mais on ne peut être que contents. Je prends l’exemple de Marcus Gomis, qui est venu chez nous. En partant, il n’est pas loin de doubler son salaire. En fait, on a réussi le projet. On a donné de la valeur au joueur. Donc on a fait notre travail. On est toujours tristes de les voir partir, évidemment. Mais c’est aussi la preuve qu’on a fait le job. Et lorsque nous avons signé Marcus, ce sont des choses que nous avions évoquées avec lui. C’est vrai que, de mon côté, j’ai longtemps travaillé dans le centre de formation avec beaucoup de stabilité d’une saison à l’autre. J’ai donc grandi avec cette habitude d’avoir des effectifs qui évoluent assez peu. Mais aujourd’hui, ça fait partie du jeu. "

Cette saison, seuls quatre joueurs ont été conservés. Est-ce que ce renouvellement important marque un véritable changement d'air pour le PB86 ?

"Il y a beaucoup de mouvements dans les effectifs cette saison en Pro B. On n’est d’ailleurs pas les seuls à connaître ce turnover. L’équipe qui a conservé le plus de joueurs en a gardé six sur dix. De notre côté, nous arrivons généralement à conserver entre cinq et sept joueurs. Cette année, nous n’en avons gardé que quatre, c'est un nouveau cycle. Il y a quand même une colonne vertébrale de joueurs importants qui restent : Kevin, Ima, Jordan et Ivan. Ce sont des joueurs qui auront un rôle important à jouer. D'autant que nous avons trois joueurs très jeunes* dans l’équipe et deux étrangers qui ont connu une saison en Europe. On sera donc la plus jeune formation de Pro B."

*Matthys Mahop, Isaac Guedegbe et Kenny Vado sont tous agé de 18 ans.

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