Tombé du ciel : Pas de miracle

Faire rire petits et grands n'est pas une mince affaire. Mohamed Hamidi s'y risque une nouvelle fois avec Tombé du ciel, qui ajoute une nouvelle pierre à son édifice de comédies abordant la banlieue. Entre choc des cultures, clichés en série et gags à répétition, le film peine à trouver le bon équilibre.

Pierre Bujeau

Le7.info

Si l'idée originale d'Ilyes Djadel pouvait laisser espérer une bonne heure et demie de rire, le pari d'adapter en film le sketch qui a révélé l'humoriste est en partie manqué. D'autant que la thématique des banlieusards confrontés à un autre milieu que le leur a été abordée à l'envi par le passé, Neuilly sa mère, Tout ce qui brille ou encore Les Kaïra en sont autant de succès. Tombé du ciel s'y frotte à son tour, mais tombe dans la facilité en abordant la cité à coups de clichés que certains voudraient bien lui prêter. Grossièreté et vulgarité sont de mise au moment de « planter » les personnages autour d'Ilyes, jeune Roubaisien qui passe son bac pour la troisième fois. Ce dernier est renvoyé de son lycée après avoir été accusé à tort de l'incendie de l'établissement au moment du bac blanc. Aucun lycée ne veut plus de lui dans l'Hexagone, sauf… le pensionnat catholique de Saint-Albert-le-Grand, en Bourgogne.

D’un monde à l’autre

Le choc des cultures est total. Plongé dans un environnement qui lui est totalement inconnu, voire hostile, Ilyes va devoir surmonter ses propres préjugés et déconstruire ceux des élèves et des habitants du village, qui ne voient pas d'un très bon œil son arrivée. Dès son entrée dans le village, les préjugés les plus grotesques s'enchaînent les uns après les autres, sans jamais parvenir à construire une intrigue capable de nous tenir en haleine. Comme si l’on avait pris le sketch originel, puis tenté d’en étirer la mécanique sur une heure et demie. Le casting vient heureusement donner un peu d’épaisseur à l’ensemble. Josiane Balasko et Antoine Duléry font le métier, tandis que Max Baissette de Malglaive se distingue particulièrement. Et puis, au milieu de cette avalanche de clichés, quelques scènes laissent entrevoir ce que Tombé du ciel aurait pu être : un film sur les différences, les préjugés et, surtout, la manière de les dépasser. C’est pourtant là que le film aurait pu trouver son salut, et peut-être donner davantage de profondeur à ce qu’il prétend raconter. Tombé du ciel plaira sans doute aux plus jeunes, davantage susceptibles de se laisser embarquer par les situations et les gags.

Humour, de Mohamed Hamidi, avec Ilyes Djadel, Josiane Balasko, Fred Testot (1h32).

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