Du bio-gaz dans le réseau urbain

Une nouvelle unité de méthanisation entrera en service à Migné-Auxances début avril. Elle permettra de couvrir l’équivalent de la consommation d’une ville de 4 000 habitants en bio-gaz. L’investissement s’élève à 8M€.

Arnault Varanne

Le7.info

Le saviez-vous ? Le 31 décembre 2023, au plus tard, tous les producteurs ou détenteurs de déchets organiques, y compris les collectivités locales, auront l’obligation de les trier à la source, les collecter et les valoriser. A Migné-Auxances, Cédric Abonneau regarde cet horizon avec le sourire. Avec quatre autres collègues, l’agriculteur vient d’investir 8M€ dans une unité de méthanisation flambant neuve, installée route de Saumur. Retardé de trois mois en raison de la crise sanitaire, le chantier touche à sa fin. Les premières injections de bio-gaz dans le réseau géré par GRDF devraient intervenir début avril.

« Nous allons traiter 
20 000 tonnes de déchets par an, soit 56 tonnes par jour, explique le porteur de projet, pour une production de gaz de 210Nm3. » A plein régime, l’unité pourrait même grimper jusqu’à 250Nm3. Dans un premier temps donc, la station produira l’équivalent de la consommation de gaz d’une ville de 4 000 habitants. « Ça fait un sacré moteur à faire tourner ! » Pour alimenter les digesteurs, Migné Biométhane table sur de l’ensilage de seigle, des cultures dédiées, du fumier caprin, de la glycérine en provenance de Chalandray, des issues de céréales et... « 4 000 tonnes par an de déchets alimentaires au départ ». Sur site, se trouve déjà l’équivalent de plus d’un an de fonctionnement de l’unité.

Pas d’opposition

Si d’autres projets (La Puye, Curzay-sur-Dive, Coussay-les-Bois) donnent lieu à des oppositions vives de la part des habitants, celui de Migné n’a pas suscité de levée de boucliers. D’abord parce que « nous avons impliqué les habitants dès le départ », estime Cédric Abonneau. Ensuite parce que le site de 4 hectares se trouve à 800 mètres des premières habitations et que les vents dominants renvoient les mauvaises odeurs vers la plaine. A terme, Migné Biométhane imagine installer une station GNV, auprès de laquelle les bus du réseau Vitalis pourraient s’approvisionner directement.

Migné-Auxances sera la deuxième unité de la Vienne en injection dans le réseau GRDF, après celle d’Yversay qui a vu le jour en avril 2020. Les autres proposent de la co-génération, c’est-à-dire de la production d’électricité.

(*)La SAS Migné Biométhane est détenue à 60% par cinq agriculteurs. Centre ouest Céréales, la coopérative de La Tricherie et Engie Biogaz possèdent le reste.

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