Ils ne sont pas leurs parents, mais donnent tout pour leur offrir une vie stable. Vanessa et Jérémy, tiers dignes de confiance de deux enfants placés, se battent aujourd'hui pour ne pas perdre la maison qui est devenue leur foyer à tous les quatre, à Nieuil-l’Espoir.

Pierre Bujeau

Le7.info

Tout semblait aller pour le mieux. Pour eux, et pour les enfants. Si Jérémy et Léa(*) ne sont pas les leurs, Jérémy et Vanessa se sont battus corps et âme pour leur redonner la stabilité qui leur manquait. « Construire » une première phrase pour la petite de 5 ans, inviter des copains à l'anniversaire du grand qui a 10 ans : chaque étape, aussi ordinaire soit-elle, était une victoire. Le couple les avait d'abord accueillis, en 2021 via l'association Vienne Parrains Marraines. 
« Leurs parents étaient jeunes et n'avaient pas scolarisé leurs enfants. Si rien ne changeait, ils allaient être placés. »


Placement et reconstruction

En juillet 2023, les services sociaux informent la thérapeute et le formateur en informatique qu'une demande de placement en urgence va être transmise au juge. « On nous a expliqué que selon les places disponibles, ils pourraient être séparés ou placés en foyer. Impossible. » Vanessa, 43 ans et Jérémy, un an de plus, deviennent alors tiers dignes de confiance, une exception accordée par le juge compte tenu de la situation particulière des enfants. A partir de là, tout s'organise autour d'eux : orthophonie, suivi psychologique... Sans salaire ni statut de famille d'accueil. « On doit tout avancer sans réelle aide structurelle. Et pourtant, il faut assurer les trajets, la stabilité. » Les progrès sont là. Le médecin de la Protection maternelle et infantile salue une évolution « remarquable » 
chez la plus petite. Le grand, lui, est aujourd'hui intégré dans l'équipe de basket locale. Dans cette reconstruction, la maison de Nieuil-l’Espoir joue un rôle central. Chaque enfant y a sa chambre, ses repères. Alors quand les propriétaires ont annoncé la vente en décembre 2025, leur monde s'est écroulé. « Leur situation personnelle a évolué, notamment avec des problèmes de santé qui les obligent à vendre ». 


Une stabilité menacée

Pour le couple, la situation est intenable, un changement récent de statut professionnel pour Vanessa l'oblige à justifier trois années d'activité supplémentaires avant de pouvoir prétendre à un prêt bancaire. Des fonds d'investissement, qui auraient couvert l'achat, ne se débloqueront pas avant la fin de l’année prochaine. Face à l'urgence, Vanessa et Jérémy ont lancé une cagnotte participative sur la plateforme onparticipe.fr. L'objectif est de réunir 
205 000€ pour acquérir la maison. Mais à la différence d'un appel aux dons classique, le couple s'engage contractuellement à rembourser chaque contributeur, progressivement, grâce au budget initialement dédié au loyer, puis via un futur prêt bancaire. « On ne veut pas qu'on nous offre la maison. On veut juste qu'on nous permette d'y accéder. » A ce jour, 
8 653€ ont été récoltés. L'échéance fixée par les propriétaires est fixée au 1er août 2026. « Ce n'est pas seulement une maison. C'est la stabilité des enfants, leur équilibre, leur reconstruction. » Il reste du chemin mais Vanessa et Jérémy y croient.


Pour participer à la cagnotte, rendez-vous sur onparticipe.fr/c/87SuvpcS. 

(*)Prénoms d’emprunt.

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