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« It happens like that ! »
Coach professionnelle certifiée et enseignante en méditation de pleine conscience entre autres pour Petit Bambou, Laurence Thomas-Loiseleur vous propose cette saison des chroniques résolument apaisantes.
La fraude à l’Assurance-Maladie fait encore et toujours l’objet de beaucoup de fantasmes dans le débat public. Mais oubliez la légende urbaine des cartes Vitale qui se multiplieraient ou seraient utilisées par X personnes, y compris depuis l’étranger. Le « trou de la Sécu » s’explique d’abord par « un volume des dépenses qui augmente et des recettes qui baissent », commente Laurence Suchon, directrice comptable et financière de la CPAM. Ce qui n’empêche pas l’organisme public d’intensifier sa lutte contre la fraude, avec succès. L’année dernière, 3,7M€ de préjudice financier ont été détectés ou évités, soit une hausse de 35% par rapport à 2024. Un chiffre à mettre en regard des prestations versées : 1,62Md€.
« Quand on cherche, on trouve ! », commente Sylvie Landrieau, directrice de la CPAM. Et de fait, l’Assurance maladie ne cesse de renforcer ses moyens à l’échelle nationale et locale. Au hit-parade des plus gros fraudeurs, et de loin : les professionnels de santé avec 85,5% des montants, devant les assurés (9,4%), les établissements (5%) et les entreprises (0,1%). Mi-2025, le centre ophtalmologique de la Porte de Paris, à Poitiers, s’est vu retirer son conventionnement avec la CPAM après une série de contrôles. Le préjudice s’est élevé à près de 500 000€. Les centres de santé, quelles que soient leur nature, sont dans le viseur. « Nous avons mis beaucoup de mesures en place pour détecter encore plus vite une éventuelle fraude », confirme Sylvie Landrieau. Dans le cas du centre ophtalmologique le litige a porté sur la nature des actes réalisés et la qualification des personnels.
Sans surprise, le secteur du transport sanitaire arrive en deuxième position, « avec souvent une surfacturation des kilomètres », devant les pharmaciens, dont certains « renouvellent des ordonnances de traitements » ou « délivrent des quantités supérieures aux prescriptions ». L’année dernière, la CPAM a déposé une plainte auprès de l’Ordre des pharmaciens. Les infirmiers, soupçonnés eux aussi de quelques dérapages sur les frais kilométriques et de double facturation, font l’objet d’une surveillance accrue. S’agissant des audioprothésistes, « la situation s’est assainie en 2025 » après la mise au jour d’une fraude d’ampleur nationale en 2024. Des appareils facturés, mais pas livrés, des « coquilles vides » qui disparaissent aussi vite qu’elles n’apparaissent…
Concernant les assurés eux-mêmes, les fraudes concernent avant tout les arrêts maladie, « avec des masses financières qui n’ont rien à voir », tempère la directrice. Faux arrêts de travail et bulletins de salaire, usurpation d’identité, salariés en arrêt qui ont une autre activité en parallèle… Les resquilleurs rivalisent d’imagination. Au point de modifier les contrôles à la CPAM. Depuis le 2 juin, « on prend le parti de regarder très vite les durées d’arrêt sans attendre les six premiers mois car certaines durées interrogent ». Le nombre d’arrêts maladie augmente de 2% par an depuis la crise sanitaire. « Beaucoup sont de courte durée chez les 20-25 ans, ce qui illustre une perte de sens par rapport au travail », relève Laurence Suchon. En 2025, l’organisme a versé 65,9M€ d’indemnités journalières.
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En 2025, la Caisse primaire d’assurance maladie de la Vienne (CPAM) a détecté ou évité 3,7M€ de fraudes, essentiellement de la part de professionnels de santé. De quoi l’inciter à resserrer encore un peu plus les mailles du filet des contrôles.