Au terme d'un scénario irrespirable, les Poitevins ont fini par céder face à Nantes après prolongation. Devant 2 400 spectateurs acquis à sa cause, le PB86 laisse filer cette première demi-finale des play-offs d'Elite 2 et devra s'imposer samedi à Nantes pour décrocher une belle.
C’est un scénario que seul le basket peut engendrer. Ce mercredi soir à Saint-Éloi, Poitiers a offert à ses 2 400 supporters une soirée à l'image de ce match : flamboyante, puis suffocante, et enfin cruelle. Nantes repart en Loire-Atlantique avec la victoire après prolongation (80-83), et avec elle, l'avantage dans cette demi-finale de play-offs d'Elite 2. Pour le plus grand malheur des supporters poitevins, ce coup ci. Il y a des défaites qui font mal. Celles qui s'impriment dans les mémoires et ne s'effaceront peut-être jamais. Le panier à trois points de Dylan Van Eycks dans les dix dernières secondes de la prolongation a fini d'assommer Saint-Eloi. Avant, il y a eu ce ballon intercepté par Nathan Soliman, sous le panier poitevin, qui a amené la prolongation…
Une entame presque parfaite
Cruelle, cette défaite l'est d'autant plus que Poitiers a longtemps semblé tenir le match entre ses mains. Les locaux ont imposé leur loi dès l'entame, dominateurs dans les deux raquettes avec un ratio de rebonds éloquent (11 à 5), adroits à mi-distance, solides défensivement. Le tableau d'affichage grimpe à 23-16 à la fin du premier quart-temps. Ngoy, monument sous son cercle, est dissuasif, comme attendu. Rien ne semble pouvoir entamer ce PB86-là. Mais ce qui fait la force poitevine se fissure progressivement. Puis voilà ce deuxième quart. La défense se relâche, les espaces s'ouvrent, et Nantes s'y engouffre. Harley and co accumulent les fautes, 13 à la mi-temps contre seulement 3 en première période. Kangudia, lui, en profite, véritable poison dans la raquette, avec 12 points et une énergie contagieuse sur le parquet. Il permet aux siens de revenir à égalité. Une avance de neuf points dilapidée.
Le tournant du match aurait pourtant pu intervenir au retour des vestiaires. Car Nantes a traversé un véritable désert offensif. Pendant plus de cinq minutes, les visiteurs ont été incapables de marquer le moindre panier. Une panne sèche dont Poitiers a profité sans toutefois parvenir à assommer définitivement son adversaire. À l'entame du dernier quart, le PB86 menait 52-44. Malgré un incroyable 0 sur 17 à trois points (*), les Nantais sont restés au contact grâce à leur intensité défensive et à l'activité de Nathan Soliman. L’espoir français émarge au final à 16 points et 11 d’évaluation, la meilleure de la rencontre. À mesure que les minutes s'égrenaient, l'écart diminuait. La tension gagnait les tribunes comme le parquet. Le money-time a alors basculé dans une autre dimension.
Dans la douleur
Mais Nantes a toujours refusé de rendre les armes. Soliman, du haut de ses 16 ans, entretenait l'espoir avec cette fameuse récuperation de balle qui douchait les espoirs poitevins. Poitiers croyait tout perdre. Puis Marcus Gomis, envoyé sur la ligne des lancers francs à quelques secondes du terme, arrachait l'égalisation (67-67) et une prolongation. Même scénario vécu quelques jours plus tôt contre Saint-Quentin, dans cette même manche 1. Dans les cinq minutes supplémentaires, les deux équipes se sont rendu coup pour coup. Brena-Chemille, auteur de tirs longue distance salvateurs, a plusieurs fois fait rugir Saint-Éloi. Mais alors que le PB86 semblait encore pouvoir s'en sortir, Van Eyck a frappé. Son tir primé à dix secondes de la sirène a fait basculer définitivement la rencontre. Ironie de l'histoire, Nantes décroche ce premier point de la série malgré une adresse catastrophique derrière l'arc pendant la majeure partie du match : 5/27 au total, mais 4/4 en prolongation ! Une preuve supplémentaire du caractère de cette formation qui avait déjà éliminé Blois au tour précédent avec deux succès à l’extérieur. Place désormais au match retour, samedi, à 20h, en Loire-Atlantique. Pour le coup, le PB86 devra s'inspirer de l'ADA Blois et mieux prendre soin du ballon (18 ballons perdus ce soir).
(*)1/23 à la fin du temps réglementaire, parmi les trois plus mauvaises performances de l'histoire de la LNB selon le site Proballers.
DR Sly Sly Sport