Pierre Goubault : « Dire que j’ai détourné des fonds, c’est très grave »

Mis en cause publiquement par la présidence de la SAS Republic 86, Pierre Goubault se défend des accusations portées à son encontre et donne sa version des faits concernant sa révocation, prononcée le 17 février 2026. Ses associés se murent toujours dans le silence.

Arnault Varanne

Le7.info

Il s’est laissé une dizaine de jours pour réagir point par point aux accusations formulées par Philippe Rebeix, président de la SAS Republic 86(1). Révoqué de son mandat le 17 février 2026 par ses deux associés (Nicolas Girard et Antoine Chaumont), Pierre Goubault nous a longuement reçus en début de semaine dans ses bureaux de Poitiers-Ouest, prenant soin d’évacuer le conflit larvé avec ses coactionnaires et de repousser tout détournement de fonds ou d’enrichissement personnel. « Je ne peux pas rester silencieux face aux accusations qui ont circulé à mon encontre. Des soupçons de détournement de fonds ont été évoqués publiquement, je les conteste avec la plus grande fermeté. Dire que j’ai détourné des fonds, c’est très grave. » Au-delà, l’entrepreneur poitevin évoque les conséquences sur son quotidien. « Des partenaires se sont éloignés, des projets ont été fragilisés. Ma réputation professionnelle a été profondément affectée. » L’ex-dirigeant du Republic Corner se laisse la possibilité de poursuites en justice pour diffamation en évoquant une campagne de dénigrement. 

Il réclame l’audit

Sur le fond, le patron de Poitiers Food Project, actionnaire à hauteur de 34% de la SAS Republic 86 réclame la communication de l’audit financier mené par la société BSKT Management, à l’origine de la crispation entre toutes les parties. Celui-ci aurait pointé des irrégularités financières, comme Le 7 l’a révélé le 10 juillet 2026, à hauteur de 500 000€. Par ailleurs, 150 000€ « de paiements réglés par la SAS Republic 86 sans la concerner ou dépourvus de justificatifs » seraient pointés du doigt. « Les relations financières entre les différentes sociétés du groupe reposaient sur des conventions, des facturations régulièrement établies », se défend Pierre Goubault. Qui reconnaît tout de même avoir eu « une créance de la société Libération » (liquidée en mars 2026, ndlr) à hauteur de 170 000€. « Mais dont nous avions échelonné les paiements à raison de 1 500€ par semaine depuis mai 2025… » Concernant les factures non réglées, l’ancien président admet « un peu de retard sur l’Urssaf » et « des relances d’huissier sur la Sacem parce que je contestais les chiffres ». Les difficultés financières du « RC » ? Il note « une baisse de 25% du chiffre d'affaires en 2025 qui a fragilisé l'entreprise. Une crise de croissance ». Et se reproche, au-delà, « un développement peut-être trop financé sur l'activité. Mais nous étions sur le point de lever des fonds pour financer d’autres projets… », jure-t-il.

Négociations avortées

L’entrepreneur a une lecture différente du conflit qui l’oppose à ses associés, Nicolas Girard et Antoine Chaumont(2). Pierre Goubault révèle aussi avoir eu « un projet commun » avec Antoine Chaumont en septembre 2025, alors que les négociations pour le rachat des parts de Nicolas Girard ont échoué quelques mois plus tôt. En dépit de ce conflit larvé, il continue de tendre la main à ses acolytes. « Pourquoi ne pas se mettre autour d’une table ? Je n’ai aucun problème d’être révoqué, mais faire courir des bruits, ce n’est pas la bonne méthode… »

(1)A noter que Philippe Rebeix a démissionné de son mandat vendredi 17 juillet invoquant une divergence de vue sur la stratégie à suivre pour redresser les comptes du Republic Corner. Il ne souhaite pas répondre à Pierre Goubault, se bornant à dire ceci : « Les éléments que j'ai portés à la connaissance des autorités compétentes sont documentés. Ils feront l'objet des vérifications qui s’imposent, j’en suis sûr. J'ai pleinement confiance dans les autorités et dans la justice pour établir les faits de manière objective et indépendante. Il ne m'appartient pas de me substituer à elles en commentant publiquement ce dossier. »
 
(2)Sollicités par nos soins, Nicolas Girard et Antoine Chaumont nous ont répondu qu’ils n’avaient « aucun commentaire à faire actuellement ».

Un projet similaire à Joué-lès-Tours
Malgré les vents contraires, Pierre Goubault continue d’avancer sur un projet de food court « plus kid friendly » à Joué-lès-Tours, avec un nouveau pool d’investisseurs. Le futur complexe s’appellera Le District. Quant à ses velléités d’implantation à Limoges, elles semblent pour l’heure freinées par « l’affaire du RC ». 

 

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