Canicule au CHU : 
tout sauf une sinécure

Le CHU de Poitiers a déclenché son plan bleu à l’occasion de la deuxième canicule d’une intensité exceptionnelle vécue la semaine dernière. Mais malgré la distribution de ventilateurs et brumisateurs, la situation a été compliquée à gérer.

Le7.info

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Recherche fraîcheur désespérément ! Au CHU de Poitiers, le mercure au zénith pendant près de quinze jours s’est transformé en souffrance pour les patients et les personnels de santé. Car si le Pôle régional de cancérologie, le centre cardiovasculaire, les urgences, la réanimation et la gériatrie bénéficient de systèmes de climatisation ou de rafraîchissement, ce n’est pas le cas dans les autres unités. A commencer par la tour Jean-Bernard, sur le site de la Milétrie, à Poitiers. « C’est un bâtiment très ancien qui fait l’objet d’un vaste plan de rénovation, mais cela prendra du temps », reconnaît Catherine Tardy, directrice adjointe en charge de la qualité, de la gestion des risques et de la relation avec les usagers. 


Face à l’urgence

Pour parer à l’urgence de la situation, les services techniques de l’établissement ont expérimenté la pose d’un dispositif de rafraîchissement dans le système de ventilation des quinze étages de l’aile C. « Les premiers retours sont positifs, cela semble apporter de la satisfaction aux personnels(*). Les patients se sentent mieux… » Fort de ce constat, des systèmes identiques ont été commandés par les autres ailes, mais ils n’arriveront qu’au printemps 2027. Au-delà, le CHU a multiplié les achats de ventilateurs, climatiseurs -pour les couloirs- et brumisateurs. Le tout pour pallier les effets dévastateurs de la chaleur sur les organismes. Le mercure a grimpé jusqu’à plus de 30°C dans certains espaces. « Nous avons réalisé des points tous les jours et une cellule de crise a été activée pour suivre la situation. »


Repas froids et glaces

Comme en mai, le CHU a activé son Plan bleu. Et comme en mai, la direction a rappelé les bons gestes à adopter, notamment fermer les fenêtres et les volets en journée. « C’est difficile pour les patients qui sont toute la journée dans leur chambre, conçoit Catherine Tardy, mais c’est nécessaire. » L’ouverture des ouvrants n’a lieu qu’entre 3h et 7h du matin aux heures les plus « fraîches ». Hélas, la semaine dernière, Poitiers a battu des records de chaleur nocturne qui ont accentué l’effet d’étouffement. Côté repas, là aussi, le CHU s’est adapté avec des menus froids proposés aux patients, en plus de glaces. 


(*)La CGT Santé a déposé la semaine dernière un droit d’alerte canicule sur les cinq sites du CHU (Poitiers, Châtellerault, Loudun, Lusignan et Montmorillon). 
« Nous notons que le nombre de climatiseurs portables installés augmente tous les ans mais ils restent malheureusement en nombre insuffisant », indique Stéphane Ferary, secrétaire général qui reconnaît tout de même « les efforts faits par la direction ».
 

Régulation prise d'assaut, urgences épargnées
La canicule a-t-elle eu des répercussions sur les urgences ? « L'activité a été soutenue mais pas exceptionnelle », explique Stephan Maret, directeur de la communication du CHU. Douze lits supplémentaires, dont quatre en gériatrie, ont été ouverts. En revanche, le 15 a été pris d'assaut avec entre 800 et 900 appels par jour (+30% d'activité par rapport à la même période de 2025). Un poste supplémentaire d'assistant médical a été ouvert.

 

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