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Une agriculture sans glyphosate ? La question est nationale, européenne, mondiale, mais elle est avant tout locale et se pose à l’échelle de chaque exploitation. Céréalier à Doussay, Pierre-Yves Thirouin s’est renseigné sur les alternatives. « Pour moi, le glyphosate, c’est capital, tranche-t-il. Dans certains cas, il est possible de s’en passer. Mon frère, dans une autre région (ndlr, Seine-et-Marne), n’en utilise pas. Il passe la charrue. Ici, j’ai des terres très argileuses, humides, ce qui rend difficile le passage d’outils. Je plante donc en semis direct après culture. Si je devais revenir à la mécanisation comme autrefois, il faudrait que j’embauche au moins une personne. » Dans le contexte actuel, inutile d’y penser. Tout comme investir dans du matériel. « Les prix ont beaucoup augmenté. Par exemple, mon pulvérisateur, payé 34 000€ en 2008, coûte 60 000€ aujourd’hui ! Globalement, arrêter le glyphosate me coûterait entre 80 et 150€ à l’hectare, avec des pertes de rendement. Et passer les outils, pour le bilan carbone… »
Alors pour venir à bout des « plantes invasives comme le chardon ou l’ambroisie », Pierre-Yves Thirouin pulvérise le décrié glyphosate, l’équivalent de « 20 à 30€ à l’hectare, précise-t-il, jamais directement sur les cultures, seulement en destruction, avant ou après ! On fait attention : on passe un Certiphyto, le pulvérisateur est contrôlé, la vitesse est limitée à 19km/h, on dose selon la végétation présente… Le glyphosate, c’est comme les antibiotiques, ce n’est pas systématique ! Surtout, on veut de la recherche. »
Le ministre de l’Agriculture a précisément annoncé le 5 novembre le déblocage de 7M€ en ce sens… Quelques jours avant, l’Agence nationale de sécurité sanitaire limitait l’usage du glyphosate à 1 080g par ha et par an (-60% par rapport à la dose actuellement autorisée) là où il n’est pas substituable à court terme. « Cela revient à 3l par ha, cela me paraît juste pour certaines parcelles, note le céréalier. Pour le glyphosate comme pour les médicaments, c’est toujours une question bénéfices-risques. »
La réponse, de fait, est complexe. Damien Savoyant, un autre Dousséen, a longtemps réfléchi sa conversion bio. « J’étais utilisateur de glyphosate, confie-t-il. Le gros avantage est qu’il permet de moins travailler les sols : au lieu de deux ou trois passages d’outils pour nettoyer un champ, un passage du pulvérisateur suffit. En agriculture de conservation, sur semis direct, on ne peut quasiment pas s’en passer. J’ai mis cinq ans avant de me décider. » L’agriculteur en est aujourd’hui convaincu, « on peut s’en passer, mais le bio est plus gourmand en temps et en matériel, ce qui peut être compliqué pour les grandes exploitations ». Lui s’est contenté d’investir dans « une bineuse pour nettoyer le tournesol, le maïs et le soja, et une herseterie pour passer dans les blés ». Parallèlement, « j’ai reçu des aides à la reconversion et les produits sont mieux valorisés, sans compter qu’en n’utilisant plus de produits chimiques, j’économise 20 000€ par an pour une centaine d’hectares de grandes cultures ».
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Gabrielle de Tournemire. 28 ans. Réalise une thèse à l’université de Poitiers sur la question du pronom « nous » dans la littérature contemporaine. Autrice du très remarqué Des enfants uniques, récompensé à la rentrée 2025. Signe particulier : se sent « privilégiée ».