Histoires de familles couleur sépia

Passionnée de généalogie depuis toujours, Ludivine Lamérat a créé Trésor Sépia. A partir de documents officiels, photos, objets et souvenirs, elle compose de précieux livres de famille.

Claire Brugier

Le7.info

Comme Obélix dans la marmite de potion magique, Ludivine Lamérat est « tombée dans la généalogie » toute petite. La quadragénaire, Normande d’origine, installée depuis sept ans à Quinçay, a longtemps rangé cette passion dans un tiroir de sa vie. Puis, il y a trois ans, elle a quitté un poste d’assistante de direction « trop éloigné [d’elle] » pour se rapprocher de ses premières amours et créer, en mars 2020, Trésor Sépia. Sépia comme ces vieilles photos dentelées dont on peine à identifier les figurants. Quelques arrière-grands-oncles ou arrière-grands-tantes sans doute... Ludivine se propose précisément de leur rendre leur identité et leur place dans la mémoire familiale, sous la forme de livres.

Dès les premières pages, un arbre généalogique plante le décor. Ludivine a la passion de ces arborescences qui plongent leurs racines dans le passé depuis une visite chez Blanche, une arrière-grand-tante. « Je me souviens qu’il y avait un arbre généalogique dans son salon. J’étais restée plantée devant. Je crois que c’est à ce moment-là j’ai pris conscience que mes parents avaient des parents qui avaient eux-mêmes des parents... » Pressentant l’intérêt de la fillette, l’aïeule l’avait missionnée pour qu’elle fasse des recherches et… « Et je suis tombée amoureuse des vieux registres, des vieux papiers et des vieilles écritures », confesse Ludivine qui s’est d’abord lancée dans sa propre généalogie.

« Cela me nourrit »

« Je suis remontée jusqu’au début du XVIe siècle. Je n’ai pas trouvé d’ascendances nobles ou illustres, juste quelques petites particules qui s’effacent très vite. » Sourire. A travers la généalogie, l’ancienne guide-conférencière ne recherche pas tant de grands noms que « la transmission, les liens intergénérationnels, les rencontres familiales ». « Cela me nourrit », confie-t-elle. Les documents officiels ne sont qu’une partie de la matière qu’elle rassemble, les complétant auprès d’associations spécialisées. « Je ne romance pas, je reste vraiment dans la description. »

Avec l’aide de son « complice » 
au sein de la famille, terme qu’elle préfère à celui de client, pendant six mois, elle remonte le temps, recueille les souvenirs des anciens, collecte photos, livrets militaires, abécédaires, bijoux, meubles, coiffes anciennes... Tous ces témoins transmis d’une génération à une autre qu’elle photographie grâce à son studio mobile. Ils sont trop précieux pour sortir des maisons et boîtes où ils sont rangés.
 « Moi-même, en tant que généalogiste, je ne prêterais jamais mes documents, à personne ! » lâche Ludivine avec franchise. Cahier de certificat d’études, carnet de poilus, la passionnée s’éloigne parfois du livre de famille. Elle envisage aussi de proposer ses services à des collectivités ou encore des Ehpad car, regrette-t-elle, « les archives familiales privées ne sont pas suffisamment considérées ».

A noter : Ludivine Lamérat animera un atelier le 7 mai, de 14h à 18h, à L’Articerie, à Migné-Auxances.

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